Charleroi: le commerce local entre chaud et froid, la rue de Dampremy particulièrement touchée

Une commerçante et le MR en désaccord avec la Ville sur l’aide accordée aux commerces.

Charleroi: le commerce local entre chaud et froid, la rue de Dampremy particulièrement touchée
©Albin

Gérante de la boutique Marceau à Charleroi ville basse, Elise Maroquin pousse un coup de gueule : sur les réseaux sociaux, elle dit avoir compté "treize commerces qui ont fermé ou fermeront avant la fin de l'année à la rue de Dampremy et aux alentours."

Alors que le centre commercial Rive Gauche rattrape presque les fréquentations d'avant covid-19, des magasins de proximité sont en difficulté. "Le monde politique ne semble pas nous entendre", accuse Elise Maroquin. "Insalubrité, insécurité, parking atrocement cher. Les clients ne viennent plus".

Le chef de groupe MR Nicolas Tzanetatos s'engage à demander la tenue d'un conseil thématique sur la question du commerce de proximité. "Pas seulement dans l'intra-ring où la mobilité est désastreuse - ce qui est un frein à l'attractivité - mais dans les cinq districts urbains", dit-il. Pour lui, la majorité manque de profondeur de vision à propos du commerce. "Celui-ci est géré à la petite semaine, sans anticipation. C'est ainsi qu'on se retrouve avec une rue de la Montagne en pleine décrépitude. Et avec plusieurs cellules vides dans le piétonnier de Dampremy. Pendant la crise du covid, le collège a investi 4 millions d'euros dans la distribution de 200 000 chèques Carol'or (la devise locale) à tous les habitants : c'est un coup de pouce au pouvoir d'achat, pas une aide au commerce, et nous le déplorons !"

L'échevine du Commerce Babette Jandrain s'inscrit en faux. "Depuis le début de la crise sanitaire, la Ville de Charleroi a démontré toute l'importance qu'elle accordait au secteur : plus de 3,4 millions d'euros ont été dépensés dans les commerces locaux avec le Carol'or, il faut y ajouter 2,6 millions de primes versées à l'Horeca, et 1,25 million aux métiers de contact. Nous avons également soutenu nos commerçants avec le dispositif "C Bon pour le local" à hauteur de 740 000 euros. Sur le développement commercial, nous faisons preuve de proactivité et d'innovation. Un bureau du Commerce a été mis en place pour élaborer une stratégie cohérente sur l'ensemble du territoire, et coordonner l'action des opérateurs de terrain. Nous avons édité un guide pratique du commerce, dégagé des moyens pour soutenir l'expansion économique", revendique l'échevine. "Pour la propreté, Tibi intensifie les ramassages, mais l'incivisme a la peau dure", selon la porte-parole du collège.

Enfin, l'insécurité : "des rencontres police-commerçants ont été organisées et la présence policière a été renforcée. Les retours à ce sujet ont été positifs." La pandémie, la crise énergétique et la guerre d'Ukraine ont durement affecté le pouvoir d'achat des ménages. "Il est un peu simpliste de vouloir mettre tout ça sur le dos de la ville" glisse un membre du collège.

Tous les commerces ne vont pas au plus mal, selon Babette Jandrain. Certains se portent bien et se sont agrandis, preuve qu’il ne faut pas généraliser !

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