Meurtre de Demir Rusani à Châtelineau: la défense plaide la requalification en coups

Les avocats de Krystian Gorniak, de Jenathan Mol et de José Da Silva Da Costa ont plaidé devant la cour d'assises du Hainaut, jeudi après-midi. Les trois hommes sont accusés du meurtre de Demir Rusani et de coups portés à ses deux enfants, mineurs au moment des faits. Pour les défenseurs, il ne s'agit pas d'un meurtre mais de coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le 7 juin 2018, les trois accusés se sont rendus chez Demir Rusani, à Châtelineau, en compagnie de la fille de la victime. Celle-ci souhaitait déménager et emporter quelques affaires.

Meurtre de Demir Rusani à Châtelineau: la défense plaide la requalification en coups
©BELGA

Une bagarre a éclaté entre Demir et Krystian, le premier étant le mari de la maman du second. Les deux hommes ne s'entendaient pas. Jenathan Mol et José Da Silva Da Costa, qui attendaient dehors, sont entrés pour se mêler à la bagarre.

"Krystian Gorniak avait l'intention de blesser Demir Rusani, mais pas de le tuer", plaide Me Édouard Huysmans. L'avocat ajoute que ce n'est pas une expédition punitive qui a été menée, le 7 juin 2018.

"Au plus fort de la bagarre, Krystian fait le choix de jeter le couteau. Si son intention est de tuer Demir, il aurait fait usage du couteau", poursuit l'avocat qui a développé son argumentation en plusieurs points, rappelant notamment que la famille Gorniak-Rusani baignait continuellement dans un climat de violence.

Me Cloet, pour la partie civile, réplique que "les coups ont déjà été portés, l'infraction est déjà consommée".

Me Jonathan De Taye nuance les propos de son client, lequel a déclaré qu'il souhaitait la mort de Demir Rusani au moment de la bagarre. Il ajoute que son client n'a jamais contesté les coups.

Les avocates de Jenathan Mol, Me Cassandra Steegmans et Me Ofelia Avagian, contestent également la qualification de meurtre. Leur client est en aveux d'avoir porté un coup de pied au niveau de la tête de la victime. D'ailleurs, l'empreinte de la semelle de sa chaussure s'est imprimée sur le crâne de la victime. "Il n'a pas voulu la mort d'un homme", insiste Me Avagian. "Madame la juge d'instruction est venue vous dire que c'était une bagarre et que, dans ce cadre, il était difficile de retracer ce qu'il s'est passé", poursuit l'avocate.

Me Avagian ajoute que son client n'avait aucun mobile, "pourquoi aurait-il voulu tuer Demir Rusani?" Le doute est posé sur l'intention d'homicide.

Me Philippe De Strycker, avocat de José Da Costa Da Silva, conteste également l'intention d'homicide. Le jeune homme a été embarqué dans cette affaire parce qu'il était le seul à avoir une voiture et le permis de conduire. Il ne connaissait pas Demir Rusani. Le juge d'instruction ne l'a jamais inculpé de tentative de meurtre, puis de meurtre après le décès de la victime. C'est la chambre des mises en accusation qui a décidé de le renvoyer devant la cour pour répondre des mêmes chefs d'accusation que ses coaccusés.

L'avocat montois a remis en cause des témoignages, en raison de nombreuses contradictions. Selon les uns, José a porté des coups à la victime. Selon les autres, il n'a porté des coups qu'à l'un des enfants mineurs de la victime. L'avocat doute et ne croit pas non plus à une expédition punitive, "sinon ils rentrent tout de suite à quatre".

Selon son avocat, José a été choqué par la scène qui s'est présentée à lui. Il est intervenu pour faire sortir Krystian Gorniak, car il a vu un couteau. "Il n'est ni auteur, ni co-auteur. Il n'y a pas de corréité passive", insiste l'avocat.

Le jury délibère sur la culpabilité, vendredi matin.

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