Il aurait attiré de jeunes filles chez lui via des annonces pour “une aide ménagère”

L’homme, qualifié de “prédateur sexuel” par le parquet, conteste avoir tripoté les deux victimes. Il a déjà été condamné pour des faits similaires par le passé.

Femme de ménage - nettoyeuse de surface.
©Johanna de Tessieres

“On est réellement face à un prédateur, au profil inquiétant, qui ne se remet pas en question, qui se fait constamment passer pour la victime et qui change de version. ” Ces mots, lâchés par la substitute Pied, décrivent Vincenzo. Ce dernier est aujourd’hui poursuivi pour deux attentats à la pudeur commis sur deux jeunes filles : l’une était tout juste âgée de 19 ans en juillet 2019, l’autre n’avait que 17 ans quand elles sont tombées dans les mains du pervers. Et ce n'est pas la première fois qu'il est devant le tribunal.

Pour attirer les jeunes filles, Vincenzo a prétendu être à la recherche d’un coup de main quotidien, “pour le nettoyage, pour les paperasses, etc. ” La mineure de 17 ans a répondu à une annonce sur le site 2ememain. Pensant obtenir un job pour aider la personne âgée, la jeune fille ne se méfie pas et se rend au domicile de Vincenzo. “Il m’a fait des avances et m’a proposé de l’argent pour faire l’amour, ce que j’ai refusé. Il m’a proposé d’être sa pute et a glissé sa main vers mon entrejambe”, détaille la victime dans son audition lue par le tribunal correctionnel. “Je demandais une personne interne et une compagne aussi. La veille, elle était d’accord pour être ma compagne. Elle est venue chez moi le lendemain, et il n’y a rien eu. Juste que je me suis assis à côté d’elle parce qu’elle toussait dans le fauteuil et je lui ai tapé dans le dos”, répond le prévenu.

“J’ai été trop naïf” : d'après Vincenzo, elles en voulaient à son argent

Valentine (prénom d’emprunt) rapporte, elle aussi, un comportement similaire de Vincenzo. “Je ne me suis pas trop méfié. Ma sœur nettoie encore chez lui et y va avec ses trois filles. Il n’y a jamais rien eu. Je me suis retrouvé coincé-là, sans moyen de partir. J’ai dû lui dire que j’étais réglé, vous vous rendez compte. Je me suis sentie prise au piège”, évoque la jeune femme touchée émotionnellement face au tribunal. Le prédateur sexuel nie l’avoir attiré dans un lit, tenté de lui retirer le pantalon et avoir touché et embrassé la poitrine. “Il ne s’est rien passé, elle est même restée chez moi jusqu’à 16 heures. On s’est donné un bisou sur la joue au rez-de-chaussée”, explique Vincenzo, qui parle de machination. “J’ai été trop naïf, on en voulait à mon argent. Je suis dégoûté. ”

Si ces deux témoignages suffisent à établir l’existence des deux scènes pour le parquet, d’autres éléments confortent la culpabilité de Vincenzo.

Des condamnations et un voisinage inquiet

Ce n’est pas la première fois que Vincenzo est inquiété pour ce type de faits. En 2007, ce dernier fut condamné pour le viol d’une femme majeure. Et tiens, là encore, Vincenzo se victimise et crie à la scénarisation. “Et c’était aussi une femme qui venait faire le ménage chez le prévenu. Le scénario est le même”, précise le parquet. Depuis 1998, de nombreuses plaintes ont été déposées contre le papy pour des agissements sexuels. “En 1999, sa locataire a rapporté un comportement harcelant et déviant. En 2000, une fille de 16 ans a été accostée en voiture, par le prévenu qui lui a demandé pour faire l’amour et lui a parlé de sexe. Pareil en 2004 et en 2012, une femme de 19 ans qui travaillait chez lui a aussi été tripotée. ” Tout récemment encore, une jeune fille de 13 ans et demi a déposé plainte contre Vincenzo, qui l’a accosté en rue au volant de sa voiture en lui demandant de monter à l’intérieur.

Dans le quartier, la crainte est de mise dès qu’on évoque Vincenzo. “Une voisine a déjà été sifflée par le prévenu, une autre a ordonné à ses deux filles de ne pas répondre ni parler au prévenu et de changer de trottoir dès qu’elles le croisent. Il faut donner un signe d’arrêt à ce prévenu”, lance le parquet en requérant une peine de 4 ans de prison.

Un acquittement demandé par la défense

À la défense, c’est un acquittement qui est sollicité avec une mise en avant de la probable existence d’un “problème de barrière” dans le chef de Vincenzo. “Ce qui m’interpelle aussi, c’est la photo de mon client et de l’une des victimes. Elle a été prise une heure après la prétendue scène et on voit la jeune femme sourire et tenir l’appareil. Sa propre sœur se demande même si ce n’est pas le comportement de sa petite sœur qui aurait donné des idées à mon client”, nuance Me Christian Mathieu.

Jugement le 3 janvier.

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