Le commerce en grand angle avec l’échevine Jandrain

Si le commerce souffre, il n’est pas encore au plus mal, selon l’échevine Babette Jandrain.

Didier Albin
Le commerce en grand angle avec l’échevine Jandrain

C'est avec enthousiasme et confiance que l'échevine en charge du Commerce et des Fêtes Babette Jandrain aborde 2023. "Enthousiasme, parce que tous les indicateurs d'une relance du commerce sont au vert ", assure-t-elle. "Confiance, parce que l'année 2022 s'est terminée sur une note positive, malgré la crise de l'énergie."

Babette Jandrain, comment le commerce carolo a-t-il traversé ces fêtes ?

"Selon les statistiques, les mois de novembre et décembre représentent à eux seuls 35 % du chiffre d’affaires de l’année : c’est donc une période capitale pour nos commerçants et entreprises. Sur ce plan, les nouvelles sont rassurantes. Même si le Syndicat neutre des indépendants et le Bureau du commerce nous confirment une baisse généralisée de la consommation, ces fêtes ont été globalement bonnes. À Charleroi, nous avions fait le choix de maintenir les illuminations de fin d’année. Avec un impact moindre sur la facture d’électricité, s’agissant d’éclairages Led, cela nous a permis de renforcer l’attractivité de nos commerces, notamment dans l’intra-ring urbain. Si les consommateurs ont dépensé moins, ils ont répondu présent."

Avez-vous déjà des retours sur l’ouverture des soldes ?

"Le contexte est idéal. Les soldes ont débuté pendant les vacances scolaires, ce qui a favorisé la fréquentation. Nous verrons si ça se vérifie dans la durée, mais le démarrage est très satisfaisant. J’y vois aussi le fruit du travail de la nouvelle association Shop in C et des principaux acteurs du commerce de notre ville."

en est-on dans les aidesà la création de magasins ?

"Les subsides wallons de Creashop ont disparu, mais nous avons maintenu un dispositif de soutien aux porteurs de projets. Dans la partie basse de l’intra-ring, il s’agit de la Fabrique à Boutiques, un dispositif piloté par l’ASBL Charleroi Centre-Ville. En dehors de ce périmètre, nous avons inscrit des budgets pour le financement de Go Shop, une mesure équivalente à Creashop mais limitée à notre territoire. Toutes nos anciennes communes en bénéficient, nous travaillons par centralité et au gré des rénovations. Quand un espace public est remis à neuf, son périmètre devient éligible à l’octroi de subsides. Les commerçants qui s’y installent peuvent aller chercher jusqu’à 6 000 euros ! Le processus est lancé, il va se poursuivre."

Le Bureau du commerce est-il un levier à la création d’activités ?

"Sans aucun doute ! Sa base de données constitue une ressource pour les candidats investisseurs, tandis que les notes qu’il prépare nous aident à mieux orienter nos politiques. Pas seulement en matière de commerce, mais aussi de parking, de mobilité, d’aménagement urbain, etc. Quant au cadastre des cellules vides, c’est un instrument précieux. Je vous donne un exemple très concret : une boulangerie qui allait fermer ses portes à Gosselies a pu être reprise par un artisan boulanger de Ransart. Et cela sans interruption. Vous allez le constater en 2023 : nous allons accueillir plusieurs nouvelles enseignes à Charleroi, dans une approche de mixité à la fois commerciale et sociale."

Qu’avez-vous mis en place pour mieux faire connaître cette offre ?

"Deux guides locaux du commerce ont été édités l’an dernier, sur Gosselies et Couillet. Nous allons poursuivre cette démarche dans les treize autres anciennes communes. Le consommateur apprécie : des plans facilitent l’identification des lieux, des index lui permettent de découvrir la richesse de l’offre. Tous ces guides sortiront en 2023 et 2024."

Des quartiers restent difficiles à vendre, comme la ville haute en travaux ou la rue de la Montagne…

"Encore un peu de patience. Dans quelques mois, la rénovation de la ville haute sera terminée, nous allons retrouver un espace public attractif : places du Manège, Charles II, grands boulevards… D’importants bâtiments seront à nouveau accessibles comme le Palais des expos, le musée provincial du BPS 22, le centre universitaire Zénobe Gramme. C’est une opportunité pour les investisseurs. Y compris la Montagne, une rue à laquelle s’intéressent de près des candidats. Je suis confiante pour l’année qui vient !"

Le piétonnier de Dampremy qui se vide de sa substance, ça ne vous inquiète pas ?

"Détrompez-vous, le nombre de magasins reste stable. Les commerces qui ferment ne le sont que temporairement, puis ils se renouvellent. Non, je ne suis pas inquiète, les indicateurs qui me sont fournis par le Bureau du commerce ne m’inclinent pas à ça."

Quid de l’artisanat ?

"Il est au cœur de nos préoccupations. Pour 2023, nous nous sommes fixé pour objectif de renforcer sa visibilité et sa présence dans les Big Five, nos cinq grands événements festifs (carnaval, brocante, quartiers d’été, Fêtes de Wallonie et village de Noël). Nous allons aussi rééditer en mai la halle des créateurs, artisans et producteurs, organisée cet automne au centre de délassement de Marcinelle en partenariat avec Composite et le Comptoir des ressources créatives."

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