Lionel, intercepté par un agent Securail après s’être planqué dans un buisson non loin des voies ferroviaires

Jean, suspecté d’être le complice du voleur de câbles, nie toute participation au vol commis tôt dans la matinée.

Un train a été ralenti pour 105 minutes, ce qui explique la prévention d'entrave méchante à la circulation.
Un train a été ralenti pour 105 minutes, ce qui explique la prévention d'entrave méchante à la circulation. ©D.R.

Le 24 mai 2021, un conducteur de train circulant à Sars-la-Buissière (Lobbes) avertit sa hiérarchie. À 6h38 du matin, ce dernier vient d’apercevoir non loin des voies ferroviaires deux hommes planqués derrière un buisson. L’un des gars tient dans ses mains une pince coupante. Quelques instants plus tard, un agent Securail intervient et intercepte Lionel, au volant d’une Peugeot 206. Le coffre de la voiture est rempli de câbles électriques, ressemblant étrangement à ceux que l’on retrouve le long des voies.

Le câble sectionné sur la voie, relié à la signalisation sur les voies, a nécessité une intervention de deux équipes sur place. Un train a été ralenti pour 105 minutes, ce qui explique la prévention d’entrave méchante à la circulation.

“Si je l’avais fait, je le dirais”

Ce jeudi matin, face au tribunal correctionnel de Charleroi, Lionel ne nie pas sa présence sur place. Il reconnaît qu’un câble électrique a été sectionné le long des voies, sans pour autant l’avoir embarqué. Et ce dernier balance également son acolyte. “Je l’avais rencontré dans un café. Et puis, nous sommes allés sur place avec sa voiture. Lui est parvenu à prendre la fuite à pied”, confirme le trentenaire.

Mais Jean, lui, conteste les dires de son ex-ami. Non, il n’était pas présent sur les lieux au moment du vol. “Il peut dire ce qu’il veut, mais je n’y étais pas. Ça fait deux ans et demi maintenant que je suis en prison, si je l’avais fait, je l’aurais dit. Je n’ai plus rien à perdre”, confie l’homme détenu.

Pour le parquet, les contestations de Jean ne sont pas crédibles. D’abord, parce que Lionel a directement parlé de l’implication du second prévenu, en fournissant une description. Et puis, parce qu’une connaissance à Jean a confirmé avoir acheté la fameuse Peugeot 206 (utilisée par les voleurs) pour ce dernier. Une peine de travail de 100h est requise contre Lionel. Pour Jean, pas question de lui octroyer une quelconque mesure de faveur. Quinze mois de prison sont requis. “Il n’y a pas de prise de conscience et aucune remise en question. Depuis 2015, il est connu pour des faits de vols et de violences”, insiste la substitute Pied.

Pour Me Christian Mathieu, une suspension probatoire devrait être octroyée à Lionel, “qui n’aurait jamais dû rencontrer Jean. ” Me Boris Druart, conseil de Jean, plaide lui un acquittement pour les deux préventions. “Oui, il a le parfait profil pour commettre les faits. Mais c’est tout”, estime le pénaliste carolo.

Le dossier a été mis en continuation au 30 mars prochain, pour permettre le dépôt d’un précédent jugement concernant Jean.

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