Meurtre à Jumet: les proches ne croient pas à l'accident, "Philippe était un papa présent et aimant"

Les parties civiles ont entamé les plaidoiries, mercredi, dans le cadre du procès de Jean-Yves Verreydt, accusé du meurtre de Philippe Alicardo, tué d'un coup de couteau sur la place de la Perche à Jumet, le 27 novembre 2020. Selon leurs avocats, c'est bien un meurtre qui a été commis.

The accused Jean-Yves Verreydt pictured during the jury constitution session at the assizes trial of Jean-Yves Verreydt before the Assizes Court of Hainaut Province in Mons, Thursday 12 January 2023. Verreydt is accused of the murder of Philippe Alicardo on 27 November 2020 in Jumet. BELGA PHOTO VIRGINIE LEFOUR

Me Camille Brison, avocate de la fille et de la compagne de la victime, a été la première à prendre la parole. Elle a relaté la douleur des trois enfants de la victime. "Philippe était un papa présent et aimant", relate l'avocate, suite aux témoignages de moralité qui ont eu lieu, en matinée, devant la cour.

Me Mevlut Turk a insisté auprès des jurés pour ne pas retenir les colportages au sein du magasin, où l'accusé et la victime avaient leurs habitudes. Une première bagarre avait éclaté entre les deux hommes, le 27 novembre, vers 17h00, devant le magasin. Il a demandé aux jurés de retenir les éléments objectifs du dossier. L'avocat a retenu des témoignages de moralité que l'accusé pouvait se montrer agressif. "Il a sorti son couteau, il a choisi sa lame", a insisté l'avocat,

Me Etienne Gras, avocat des enfants de la victime, a estimé que l'accusé est un manipulateur. "Nous avons eu plusieurs versions de l'accusé, avec chaque fois une adaptation. La manipulation a été pratiquée à l'envi. Nous voulions juste savoir ce qui s'est passé, le 27 novembre, en début de soirée".

Le pénaliste ne croit pas à la thèse accidentelle, présentée par l'accusé. "Il a utilisé une arme létale, un couteau, une pince multifonction qu'il a fallu déplier. Il a choisi de sortir la lame. Il a accepté la conséquence, la mort en effectuant un geste de haut en bas. Un geste sec qui a atteint les cervicales, sectionnant la carotide et la veine jugulaire."

L'avocat a plaidé le dol éventuel, la possibilité que, vu les moyens mis en œuvre, ils peuvent causer la mort. "Il était parfaitement conscient de ce qu'il avait fait, déclarant à un proche, tu vas me voir aux infos".

La légitime défense est écartée par le pénaliste en raison du critère de proportionnalité. Jean-Yves Verreydt était armé, pas Philippe Alicardo. "Vêtu comme un militaire, l'ancien légionnaire est allé au combat, couteau en main. Philippe Alicardo ne voulait pas aller au combat".

La provocation est aussi balayée par Me Gras. "Qui provoque qui ? Monsieur Alicardo part faire ses courses, quand il est agressé par l'accusé qui court vers lui sur le parking. Une provocation sur provocation n'existe pas en droit. Et qui part au contact, couteau en main ?", a demandé l'avocat.

Enfin, les parties civiles ont rappelé que la victime n'a pas été décrite comme un homme violent. "Philippe Alicardo aimait bien la marche, il avait des amis proches, des enfants qui étaient la prunelle de ses yeux et pour lesquels il a essayé de se soigner. Il s'était d'ailleurs repris en main".

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