Meurtre de Jumet aux assises: l'avocat général requiert la culpabilité de Jean-Yves Verreydt

François Demoulin, avocat général devant la cour d'assises du Hainaut, a requis mercredi, la culpabilité de Jean-Yves Verreydt pour le meurtre de Philippe Alicardo, tué d'un coup de couteau sur la place de la Perche à Jumet, le 27 novembre 2020.

L’avocat général François Demoulin
L’avocat général François Demoulin ©BELGA

"Excès et absurde sont les termes qui me viennent à l'esprit", a déclaré le magistrat, estimant que l'accusé en faisait de trop, jusque dans ses moyens de défense. "Selon ses propres explications, l'acte est involontaire, un accident, on l'a poussé et son couteau a atteint la gorge de la victime". Pour l'accusation, ce n'est pas crédible.

Le magistrat note que, dans sa première déclaration, l'accusé a déclaré qu'il ne s'était pas battu, avant de dire qu'il avait utilisé un bic, et d'avouer que l'arme du crime était son couteau multifonction. "A force de mentir, il est devenu difficile à croire", déclare l'avocat général.

Le 27 novembre, Jean-Yves Verreydt se rend vers la place de la Perche, avec sa nouvelle tente sous le bras. Après avoir installé sa tente dans un square, le long du Ravel, il se rend dans un magasin voisin, où il se querelle avec Philippe Alicardo sur le parking. "Il n'a pas de trou de mémoire, comme il le dit. Selon les experts, sa mémoire est intacte et il ne souffre d'aucun trouble. Ses problèmes de mémoire sont en contraste par rapport aux faits", insiste l'avocat général.

La querelle a été filmée. On y voit Jean-Yves Verreydt courir vers Philippe Alicardo, en l'insultant comme l'a déclaré un témoin, et Philippe réplique en le frappant avec un sac en plastique, contenant une bouteille, et non un marteau comme le soutient l'accusé. "Malgré cela, l'accusé continue à frapper la victime. Lors de cette scène, il perd son téléphone. Confronté aux images, alors qu'il a raconté autre chose au juge d'instruction, il tente de se justifier par un trou de mémoire et un abus d'alcool". Pour l'accusation, c'est une nouvelle contradiction.

L'avocat général avoue qu'il n'a pas été convaincu par le témoignage de Roland, qui avait rejoint Philippe après cette première bagarre. "Plusieurs témoins ont confirmé que Philippe et Roland avaient incité Jean-Yves à sortir de sa tente. Toutefois, on est loin des coups de bâton évoqués par l'accusé. Ce n'est pas objectivé par l'examen médico-légal. Les lésions ne sont que superficielles".

François Demoulin n'est pas convaincu quand l'accusé déclare que les deux autres voulaient en découdre avec lui. "Qui frappe en premier ? C'est l'accusé ! Les autres n'étaient pas armés". Selon des témoins, le début de la scène mortelle commence par une banale dispute, sans violence extrême.

La défense remettra en question l'intention d'homicide, plaidant les coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Pour l'accusation, l'intention d'homicide est bien établie en raison de la nature de l'arme et de la zone létale visée. Selon les experts, le coup a été violent pour atteindre la moelle épinière. Le coup a été porté du haut vers le bas, en avançant, "ce qui ne correspond pas à la version de l'accusé". L'avocat général ajoute que l'accusé a joint le geste à la parole : "je vais te planter" et qu'il a accepté les conséquences de son geste.

Au sujet des causes d'excuses qui seront plaidées par la défense (la légitime défense et la provocation), l'avocat général ne les retient pas. "Un accident ne peut pas être provoqué. L'excuse de provocation doit avoir des conditions, il faut des violences graves, injustes et préalables. Celui qui s'en prend le premier à l'autre, c'est Jean-Yves Verreydt". Quant à la légitime défense, le critère de proportionnalité fait défaut.

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