Trafic des êtres humains, traite des êtres humains, proxénétisme immobilier, exploitation de la prostitution et organisation criminelle. Voici les préventions reprochées aux quatorze prévenus, impliqués dans deux réseaux de prostitution établis du côté de La Louvière, mais également chez nous, à la rue du Moulin de Lodelinsart.

Un contrôle au départ du dossier

Si les enquêteurs ont démantelé les deux réseaux de prostitution, c’est grâce au contrôle de Megan, dans une voiture. Le 12 janvier 2019, la jeune femme se trouvait en tant que passagère dans une voiture où se trouvait du cannabis. Détail interpellant : Megan possédait 7 téléphones. Cette dernière a rapidement révélé que six des appareils lui servent en tant que standardiste dans un réseau de prostitution dirigé par Fabricia. À chaque passe, Megan touche 5 euros. « Elle prenait les rendez-vous avec les clients avant de les envoyer à La Louvière et à Lodelinsart », confirme la substitute Cottin, en charge du dossier.

De fil en aiguille, les deux réseaux gérés par Fabricia et Gabi, son chéri et par Maria et Fabio, second couple à la tête du second réseau, sont dévoilés au grand jour avec en point d’orgue l’importante opération policière dans les 32 chambres de Lodelinsart.

Le 4 juin 2019, dans un bâtiment réaménagé en plusieurs appartements, les policiers découvrent 29 femmes, d’origines brésiliennes et roumaines, chargées de se prostituer dans le cadre des deux réseaux de prostitution.

Une organisation quasiment sans failles

Les quatorze prévenus ont tenu un rôle bien spécifique dans les deux organisations. Outre Megan, Violeta et sa fille ont également été standardistes. Laurent, Jean-Pierre et Daniel sont les propriétaires qui ont mis les chambres à la disposition des deux réseaux, empochant un sacré pactole au passage. « Le premier cité, propriétaire de l’immeuble à Lodelinsart, a quand même touché 1.000 euros/mois pour chacune des 32 chambres louées. »

Omar était, quant à lui, chargé de surveiller l’endroit et d’assurer la sécurité. Deux chauffeurs s’assuraient du transport des prostituées depuis l’aéroport de Gosselies jusqu’aux deux logements de passe.

Fabricia, la dirigeante d’une des structures, touchait 50% des prestations effectuées par les prostituées. Sans se soucier de l’état physique et psychologique de ces nombreuses femmes, exploitées lâchement et obligées de travailler toute la journée et d’enchaîner les clients pour assurer le bénéfice de la patronne…

Le parquet a requis des peines de prison et de confiscations contre les prévenus. Les quatre dirigeants des deux réseaux risquent la plus lourde condamnation, avec des peines allant de 4 à 7 ans de prison.

Une seconde audience est prévue la semaine prochaine, pour la fin des plaidoiries des avocats à la défense.