Dans le garage de l’immeuble, une voiture a pris feu samedi matin. Les secours ont évacué les locataires.

CHARLEROI “Je dormais quand quelqu’un a tambouriné à ma porte en criant au feu. Quand je suis sorti dans le couloir, la fumée avait tout envahi. J’ai été pris d’une quinte de toux mais j’ai pu évacuer sans encombre”

Locataire de l’immeuble Apollo à Charleroi-Nord, Mohammed a bien cru qu’il ne sortirait pas vivant du bâtiment au sein duquel un incendie s’est déclaré, dans la nuit de vendredi à samedi, vers 3 h 30.

Une voiture garée dans le troisième sous-sol s’est en effet embrasée, provoquant un important dégagement de fumées noires et très incommodantes.

Alertés, les secours ont déclenché le plan catastrophe médical, envoyant cinq ambulances et deux SMUR sur place. Les pompiers de Charleroi ont également gagné les lieux, de même que plusieurs équipes de la police locale. Les secouristes ont ainsi procédé à l’évacuation de cet immeuble de 14 étages.

Au total, 62 personnes ont été rassemblées au sein d’un poste médical avancé improvisé dans le Centre Fabiola, un petit local situé juste en face de la cité sociale. En pyjama pour certains, à moitié éveillées et surtout très choquées, les victimes ont été triées par l’équipe médicale et ont reçu un badge selon la gravité de leur intoxication.

Au final, seules cinq personnes ont été transférées en milieu hospitalier pour des examens complémentaires. Leur état de santé ne suscitait toutefois pas beaucoup d’inquiétudes. Un pompier, brûlé à la main, a également reçu quelques soins.

Reste que dans cet immeuble social, ce genre d’incident n’est pas rare. “Régulièrement, on boute le feu à des cartons dans les caves, ce qui provoque des dégagements de fumée” , raconte un locataire qui préfère ne pas divulguer son identité. “On vole dans les appartements, on dégrade les portes d’entrée et les boîtes aux lettres. Franchement, si je pouvais déménager, je le ferais. Dans ces conditions, qui se dégradent plus le temps passe, ce n’est plus vivable” .

Pour l’heure, on ignore si l’incendie du véhicule était volontaire. Coïncidence ou pas : un sinistre identique s’était produit il y a une semaine, dans des circonstances tout à fait similaires.



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