Rachida est soupçonnée d’avoir volé son mari, qui dirigeait l’entreprise textile.

Durant 8 ans, Rachida et son mari ont su coupler vie conjugale et travail. Lui dirigeait une entreprise spécialisée dans les sous-vêtements et elle s’occupait de choisir les collections et de former les vendeuses. Et puis un beau jour, le couple s’est déchiré.

Rachida s’est donc retrouvée sans mari… et sans un sou. "Je n’ai jamais été payée, si ce n’est en commissions", a expliqué la prévenue, ce vendredi, devant le tribunal correctionnel de Charleroi. "Alors j’ai trouvé normal de prendre mon dû."

Aidée par une amie, Rachida a donc emporté quelques caisses de strings, culottes, soutiens-gorge et autres sous-vêtements. "Elle a loué une camionnette, c’était donc bien pour emporter un maximum", a plaidé Me Balsarini, conseil de la partie civile. "Son amie affirme que 30 caisses ont été emportées. La téléphonie démontre également qu’elle comptait utiliser ce stock pour ouvrir un magasin similaire au Maroc. Elle voulait d’ailleurs trouver un moyen de remplacer les étiquettes de cette ligne de sous-vêtements, qui portait son nom. Grâce à l’inventaire et au travail des enquêteurs, on sait qu’elle a dérobé plus de 67.000 euros de marchandises."

Rachida reconnaît le vol mais affirme que la quantité était bien moindre et que tout ce qui a été retrouvé par la police, à savoir 6 caisses et 10 sacs, a été restitué. Pour le parquet, peu importe : la prévention est établie. Rachida n’est pas connue de la justice et sera sans doute lourdement sanctionnée au civil. Bref, la substitute Broucke n’est pas opposée à une mesure de faveur.

Et c’est d’ailleurs la suspension du prononcé qu’a sollicité Me Violette Meunier, conseil de la prévenue. L’avocate a toutefois tenu à limiter la somme réclamée par la partie civile, estimant que rien ne prouvait qu’autant de sous-vêtements avaient été dérobés. "D’ailleurs, si elle avait toutes ces marchandises, elle ne serait pas en Belgique quasi sans le sou, mais bien au Maroc en train de les vendre", a ajouté Me Meunier.

Jugement le 17 décembre.