Michaël, qui était débordé par sa culture, obtient une peine de travail.

En septembre dernier, les forces de l’ordre ont débarqué chez Michaël pour entendre les protagonistes d’une altercation. Mais ce devoir de routine a rapidement pris une toute autre tournure.

Les inspecteurs ont en effet flairé une forte odeur de cannabis qui embaumait tout l’appartement et qui émanait manifestement de la cave.

"Dès que les policiers ont demandé à y avoir accès, Michaël s’est empressé de dire qu’il cultivait des plants pour sa consommation personnelle, qu’il ne vendait pas et que personne d’autre que lui n’était au courant", a expliqué la substitute Puissant lors de la dernière audience du tribunal correctionnel de Charleroi.

Pour une consommation personnelle, Michaël n’y était pas allé de main morte : au total, 783 plants ont été dénombrés par les enquêteurs qui ont aussi saisi les lampes au sodium et le système d’arrosage. "J’étais dépassé par l’ampleur de la plantation. Je pensais même détruire des plants", a raconté l’horticulteur en herbe.

"Il est consommateur depuis qu’il est adolescent et fume pour près de 300 € par mois, alors qu’il est au chômage", a ajouté son avocate. "La plantation était donc un moyen de limiter ses frais. Aujourd’hui, il n’a toujours pas d’emploi mais a stoppé la fumette depuis trois mois. Il est d’ailleurs prêt à faire une prise de sang."

Au terme de sa plaidoirie, l’avocate a sollicité une suspension du prononcé.

Le parquet, qui en a profité pour rappelé l’aisance avec laquelle le prévenu s’est procuré les lampes au sodium sur Internet et les graines en magasin, ne s’est pas opposé à une mesure de faveur. Vu l’oisiveté du prévenu et sa tendance à transgresser les règles, le tribunal a opté pour une peine de travail de 200 heures. L’amende de 6.000 € est actuellement en sursis. Elle tombera si Michaël commet de nouveaux faits.