C’est l’objectif premier de la cellule contrôle : protéger les locataires.

Près de 4 600 logements visités depuis la mise en place à Charleroi de la cellule contrôle en juin 2013. Et 79 P.-V. établis par la police dans le cadre d’affaires de marchands de sommeil. La ville a mis en place un dispositif qui intéresse d’autres métropoles wallonnes, en particulier Liège et Namur. Sur le terrain, l’action porte manifestement ses fruits. "Des propriétaires entament préventivement des démarches pour se remettre en ordre, introduisent des demandes pour l’obtention d’autorisations", note l’échevine. Trois techniciens de l’Urbanisme se chargent de relever les infractions urbanistiques et d’établir des constats. Ces techniciens ont le titre d’agents constatateurs, et donc l’agrément d’auxiliaires de la police judiciaire.

En 2018, la Cellule contrôle a dû s’adapter à la nouvelle exigence du CoDT (Code du développement territorial) qu’est l’obligation d’obtenir une ordonnance du tribunal de police pour toute visite domiciliaire. Quand un logement est déclaré inhabitable, une série de mesures peuvent être prises pour contraindre le bailleur à remettre en état. Il est également possible d’imposer une amende administrative au locataire si ce dernier est responsable de la situation.

Dans les dossiers qui touchent à l’exploitation de la misère, la police est la seule à pouvoir dresser des P.-V. : nous sommes dans une matière exclusivement pénale, confirme l’inspecteur principal Marc Gailly, responsable de la cellule logement de la police au sein de la task force. "Nous sommes également là pour faire respecter l’ordre et assurer la protection du personnel communal." Il arrive que les visites domiciliaires se passent mal : des propriétaires refusent de se voir imposer des travaux de remise en état, ou l’impossibilité de louer les appartements non conformes dans lesquels ils ont investi. "Une fois, l’un d’eux s’était saisi d’une batte de base-ball pour porter des coups à un agent de l’urbanisme", se souvient l’inspecteur principal.