Monique distribuait les pacsons de marijuana lorsque son gamin était absent

CHARLEROI Se rendait-elle bien compte de ce qu’elle faisait, Monique, lorsqu’elle échangeait les petits sachets d’herbe contre de l’argent, avec les amis de son fils quand ce dernier était absent ? Lorsque les policiers ont investi sa maison, en 2009, cette dame de 51 ans a reconnu naïvement avoir rendu service à son gamin.

C’était facile : les pacsons étaient enfermés dans une armoire au-dessus de l’évier. Lorsqu’un copain de Steve se présentait en son absence, il lui suffisait de prendre les billets et de refiler la marchandise.

Le grand gaillard, qui fume des joints depuis un bout de temps déjà, s’est donc retrouvé ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Charleroi, aux côtés de sa maman.

Un troisième larron, dénommé Nicolas, était également sur les bancs, pour des motifs similaires. Ce jeune homme d’une petite vingtaine d’années est en fait à la base de l’enquête qui a fait tomber Steve et Monique.

“À l’époque, les parents de Nicolas étaient en instance de divorce, ce qu’il vivait mal”, explique Me Quinet, conseil du prévenu. “Il a aussi vu ses espoirs de devenir footballeur professionnel s’envoler. Jeune, oisif, en pleine perdition, il a commencé à consommer du cannabis et de la cocaïne. Ses besoins étant élevés, il a dû vendre pour y subvenir.”

Devenu un petit dealer sur l’entité de Gerpinnes, Nicolas allait se fournir à Anvers. Et c’est sur le chemin du retour qu’il s’est fait coincer avec des stupéfiants.

Les enquêteurs ont pu entendre des témoins anonymes qui ont dénoncé son trafic, et dans le même temps, les activités de Steve et Monique.

Du côté du parquet, on réclame une sanction avec sursis. Vu l’absence d’antécédents des prévenus et le fait qu’ils ont définitivement stoppé toute consommation de drogue, la défense a sollicité une suspension du prononcé.

Désormais, Monique y regardera sans doute à deux fois avant de donner un coup de main à son fiston.



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