Mathieu (prénom d’emprunt) reconnaît avoir eu son cerveau déconnecté en tirant sur deux mineures, membres de la communauté des gens du voyage avec son fusil d’airsoft.

Mathieu dit avoir eu la désagréable surprise de voir s’installer un camp de la communauté des gens du voyage sur un terrain vague, juste en face de son domicile en avril 2018. Suite à l’installation du camp, dit-il, les premières nuisances débutent. « Il y a eu le dépôt de déchets devant mon domicile. Ils lançaient même des couches usagées », déplore Mathieu. 

Le 13 août 2018, l’homme rentre fatigué à son domicile, après avoir effectué trois jours de garde de 24 heures à son travail. En milieu d’après-midi, deux jeunes filles du camp s’amusent en jetant des grains de blé sur sa camionnette de fonction. « Il y a eu une accumulation de choses qui ont fait que mon cerveau s’est déconnecté et j’ai vu rouge », signale le prévenu. Excédé, il sort et tire à l’aide son fusil airsoft sur les deux jeunes filles, même pas âgées de 10 ans, « mais juste pour les effrayer », précise-t-il. 

L’une des gamines est touchée par une bille à la paupière et la seconde victime est atteinte au ventre. La police intervient alors que Mathieu est victime de menaces de la part de la communauté de gens du voyage.

Le ministère public peut comprendre l’agacement de Mathieu suite aux incivilités du camp installé sur le terrain. Mais la réponse a été trop disproportionnée. « On tire quand même sur deux jeunes mineures pour des grains de blé jeté sur une camionnette. L’une des victimes a eu beaucoup de chance. » Vu l’absence d’antécédent correctionnel, le ministère public ne s’oppose pas à un sursis. Mais une peine de 6 mois de prison est requise, ainsi que la confiscation de l’arme. « Pour le même prix, nous avons une petite fille qui perd un œil. »

Du côté de la défense, un acquittement est plaidé. Selon Me Bouchat, le tribunal doit faire preuve d’humanité, soulignant une goutte d'eau qui a fait déborder le vase. 

Jugement pour le 10 février.