Ce samedi ensoleillé de février a eu lieu une performance des Gangsters d'amour et de Grandgeorge devant la brasserie de L'Eden. Cette action a été planifiée en écho à l'opération Still standing for culture initiée en région bruxelloise. Sans autres moyens que des instruments acoustiques et leur voix, les artistes ont chanté quelques chansons de leur répertoire. S'il ne s'agissait pas d'un concert mais plutôt d'une performance c'était pour éviter tout rassemblement de foule et par là l'intervention des forces de l'ordre.

© NGOM (Les Gangsters d'amour au complet ont tenu à performer devant les quelques personnes présente.)

De cette manière, les artistes ont de nouveau souhaité se faire entendre quant à leur situation difficile. Sans perspectives d'avenir, les chanteurs présents à Charleroi, comme partout en Wallonie-Bruxelles, ont voulu attirer l'attention du monde politique sur l'absence de dates de reprises et de moyens financiers consacrés au monde culturel en pleine crise.

© NGOM (Avec son titre Sunny anyway le message est clair au monde politique et les attentes nombreuses.)

L'acte avait aussi une portée symbolique. Pour leur reformation, les Gangsters d'amour avaient choisi l'Eden pour leur premier concert. Ce fut leur premier et dernière représentation publique car la pandémie et ses interdictions sont passées par là.

Pour Grandgeorge, il est nécessaire que le monde politique prenne conscience de la grande détresse dans laquelle se trouve les acteurs du monde culturel. "J'ai répondu à l'invitation des Gangsters et voilà pile deux ans que j'ai joué à l'Eden. Ce qui m'a poussé à venir c'est que maintenant je ne trouve plus mes mots et je ne comprends pas ce qui ce passe. Il y a un moment où il faut que cela s'arrête. J'ai l'impression qu'on n'en parle même plus. Il n'y a plus de scènes et pour certain cela semble être normal. Nous ne sommes pas le seul secteur en crise mais je trouve que pour le secteur artistique et culturel les décideurs manquent cruellement de créativité. Je suis entouré de gens dont c'est le métier de s'adapter, de trouver des solutions. Dans le secteur artistique ont trouve de vrais professionnels. On n'est pas des "saltimbanques". Je commence à être très frustré de cette situation. Nous attendons que le politique fasse le nécessaire. Dans une certaine mesure, ils nous le doivent. Nous ne pouvons pas nous contenter d'effet d'annonce. Je suis peut-être naïf mais à part un manque de créativité je ne vois rien d'autre. A priori ils ne nous veulent pas de mal mais ils doivent être conscients qu'on veut tous se protéger de ce virus. Dans la logique des choses, si on se protège c'est pour vivre et pas pour mourir," conclut Grandgeorge.

La performance s'est déroulée dans le plus grand calme et les quelques voitures de police qui sont passées devant ne se sont pas arrêtées... surtout pas pour des gangsters d'amour.