Vinciane Tosini est arrivée à la direction de l’Athénée Royal Yvonne Vieslet (ARYV), à Marchienne-au-Pont, en janvier 2020. Et avec son équipe éducative, elle a mis la Covid à profit pour basculer dès cette rentrée, la semaine prochaine, en "P45". Derrière ce nom barbare se cache en fait une réduction du temps accordé à "l’heure de cours", où la "période" passe de 50 à 45 minutes.

"Cela permet la modularité, plusieurs écoles y sont passées maintenant qu’un décret l’autorise", nous explique la directrice. "En fait, on réorganise les cours en donnant 90 minutes d’un coup, au lieu de deux fois 50 minutes. C’est moins long pour les enfants au bout de la journée, ça donne plus de temps pour les professeurs, mais surtout ça permet d’ouvrir l’école à des activités supplémentaires qui étaient impossibles avec la grille horaire précédente."

Et de fait : le Sporting de Charleroi a choisi l’ARYV pour y tester son projet "foot-école" qui permet à l’élite de l’école des jeunes de combiner football de haut niveau et scolarité normale… sans devoir faire des entraînements qui durent jusqu’à 19 ou 21 heures tous les jours. Une quarantaine d’élèves de secondaire auront donc cinq entraînements par semaine tout en finissant à 17 heures maximum.

"Mais on n’a pas adopté le P45 pour le Sporting spécifiquement", rassure Vinciane Tosini. "C’est le seul partenariat qu’on ait pour l’instant, mais on a déjà discuté avec des académies, le monde de la culture et d’autres clubs sportifs pour pouvoir proposer cette même modularité. On est obligés de rester sur les programmes qui existent, donc pas question de faire du Latin-Sciences Sociales, par exemple, mais avec de nouveaux partenaires nous pourrons proposer des études - en générale, technique ou professionnelle - en parallèle d’une formation en théâtre, en musique, en volley, en danse, en basket, ou autre."

L’ARYV dispose de plusieurs ateliers, une salle omnisports avec douches, une salle de projection avec une scène et même deux bibliothèques. "L’école ne doit pas être qu’une école, selon moi, mais un lieu d’émancipation sociale, il faut donc pouvoir s’ouvrir davantage à la culture et aux sports."