Neuf jeunes en situation de handicap guideront leurs camarades.


L’école communale Waloupi, implantation du Wainage à Farciennes, accueille depuis septembre une classe à visée inclusive : neufs enfants "extraordinaires" de 6 à 13 ans qui proviennent de l'école Le Bosquet à Auvelais (Sambreville), atteints d’autisme, trisomie 21 ou de retards mentaux, ont intégré l’école ordinaire Waloupi, et rejoignent leurs petits camarades par moments de la journée. Ces neufs jeunes deviendront guides d’un jour au parc Pairi Daiza, d’ici le mois de mai.

"On trouvait que c’est toujours l’enfant handicapé qui est stigmatisé, ici c’était intéressant que ce soit l’enfant extraordinaire qui apporte quelque chose aux autres", précise Coralie Bartolone, présidente de l’association "New regard" fondée par son défunt mari, Max Olomé. Avec l’artiste Joss, ils prévoient d’envoyer les 80 élèves ordinaires de l’école du Wainage à Pairi Daiza, pendant que les neuf enfants extraordinaires leur serviront de guide. "Jean-Jacques Cloquet, un des directeurs de Pairi Daiza, est parrain de notre association, et il a directement accroché à l’idée", se réjouit l’ASBL.

Ce dernier est très enthousiaste. "Éric Domb souhaite depuis longtemps que derrière le parc animalier il y ait une réelle plus-value pédagogique, avec de la sensibilisation sur les programmes de protection des espèces en voie de disparition notamment, et des équipes pédagogiques qui proposent plusieurs parcours dans le parc. C’est un superbe projet : c’est très émouvant que ces personnes qui ont un handicap soient finalement les leaders de cette journée, c’est la démonstration qu’aujourd’hui tout est possible", explique Jean-Jacques Cloquet, par ailleurs déjà impliqué dans la Fondation Papillon, qui œuvre pour les enfants de Charleroi. Quand il était CEO de l’aéroport, il avait aussi offert des baptêmes de l’air aux jeunes précarisés.

Concernant la journée Pairi Daiza, concrètement, le parc enverra du personnel à la rencontre des institutrices de l’école Waloupi du Wainage, pour préparer la journée d’excursion. Ensemble, ils donneront une formation de quelques matinées aux enfants en situation de handicap, pour qu’ils soient fin prêts le jour J, qui devrait arriver dans le courant du mois de mai, même si la date finale n’est pas encore arrêtée. "Les petites têtes extraordinaires pourront découvrir le parc en même temps que les autres enfants, mais aussi les guider et s’approcher des animaux et des soigneurs en apprenant des choses à leurs camarades", dit encore Cloquet. "Puisque la protection des espèces en voie de disparition est une grande part du programme pédagogique, ils passeront donc bien entendu par les pandas, les koalas, les éléphants et les ours polaires."

Il ajoute : "Malheureusement mon ami Max est décédé, mais rien que pour lui j’ai accepté d’être parrain de ce projet. Pour donner, modestement, ma notoriété à une initiative aussi belle que celle-là. C’est important de ne pas avoir d’exclusions, de vivre ensemble, tout simplement. Ici au parc, l’équipe pédagogique a aussi été immédiatement séduite. On a hâte de lancer tout ça !"