20 préventions pour 5 victimes différentes. À peine âgé de 23 ans, Martin fait face, ce lundi, au tribunal correctionnel de Charleroi pour des faits d’une extrême gravité : détention et diffusion d’images pédopornographiques, viols, attentats à la pudeur, voyeurisme, incitation à la débauche, etc.

Entre 2016 et 2019, Martin s’est amusé avec des mineures de 13, 14 ou 15 ans à l’époque. À chaque fois, le jeune homme employait le même mode opératoire. Décrit par les experts comme une personne possédant des besoins sexuels conséquents et déviants, Martin demandait des images dénudées aux victimes. À la jeune Marie, Martin lui demandait même de s’introduire des objets dans le vagin. Sophie, aujourd’hui majeure et présente à l’audience, a connu à ses 14 ans une courte relation avec Martin, déjà majeur. La jeune ado a été contrainte de masturber Martin et d’envoyer des photos intimes la mettant en scène.

Si les pauvres adolescentes ne s’exécutaient pas, Martin démontrait une autre facette de sa personnalité. « Il y avait une certaine forme de chantage et de manipulation. Si les victimes refusaient, il les menaçait de diffuser les photos sur les réseaux sociaux ou de leur faire du mal », expliquent Me Charles et Me Deprez, parties civiles. Martin a notamment menacé Sophie de lui brûler sa maison. À une autre ado, il a mis ses menaces à exécution en envoyant les photos de la victime au père de cette dernière.

Le tribunal est effrayé par le comportement du jeune homme. D’autant plus que Martin a déjà fait l’objet d’un important suivi pour soigner ses déviances sexuelles. C’était en 2013, face au tribunal de la jeunesse, pour la détention d’images pédopornographiques. Entendu sur les faits, Martin ne s’explique pas. Peu de mots sortent de sa bouche, même s’il reconnaît l’entièreté des préventions à sa charge. Quand le tribunal l’interroge sur son premier suivi, Martin admet n’avoir « aucun souvenir ». Une peine de 5 ans de prison avec un sursis probatoire est requise par le parquet, qui souhaite en plus que Martin soit encadré par le tribunal d’application des peines (TAP).

Jugement pour le 1er février.

*Les prénoms des mineurs ont été changés.