Avant d'arriver en Belgique sans le moindre titre de transport, Abdoul a tenté sa chance dans plusieurs pays, en vain. Il y a d'abord eu la Lybie, puis l'Italie et la Suisse avant de se rendre sur Bruxelles. Chez nous, Abdoul a connu le centre Fedasil de Marcinelle. « Là, on lui a conseillé de rentrer dans son pays. Mais il a quand même voulu tenter sa chance », précise Me Rooselaer intervenant à la défense pour Me Huwart.

Tant bien que mal, Abdoul a essayé de survivre dans la rue avant de rapidement se lancer dans la vente de cannabis. Le 28 février dernier, un riverain de la rue Turenne a donné un sacré coup de pouce aux policiers en patrouille dans le coin. « Il a signalé qu'une personne vers le boulevard Jacques Bertrand s'adonnait à la vente », confirme le parquet. Après une tentative de fuite avortée, Abdoul a fini par être interpellé.

Ce dernier détenait sur lui une grosse boulette en aluminium de cannabis, ainsi que 145 euros en petite coupure. Face à la justice, le jeune homme confirme avoir détenu pour sa propre consommation, mais également avoir vendu. « J'achetais pour 80g de cannabis par mois. Et le surplus, je le vendais pour pouvoir survivre et m'acheter de la nourriture. »

Condamné à une peine de travail de 80 heures devant le tribunal correctionnel de Namur pour des faits similaires, Abdoul risque cette fois-ci une peine plus lourde. Le parquet souhaite une plus forte sévérité et requiert une peine de 18 mois de prison. Du côté de la défense, c'est une nouvelle mesure de faveur qui est sollicitée via un sursis simple. Jugement le 3 mai.