Charleroi

Le tribunal correctionnel de Charleroi a condamné, ce mercredi, Abou-Sofiane Boudidit à 8 ans de prison. L’homme avait été innocenté par une des victimes à l’audience mais cela n’a pas suffi. Son arrestation immédiate a également été prononcée.


Le prévenu avait formé opposition à un jugement prononcé le 8 mars 2012 et qui le condamnait à 8 ans de prison pour une tentative de meurtre. Après avoir refait sa vie au Maroc, l’homme avait été interpellé après une cavale de plus de 10 ans en mars dernier.

Des faits qui remontent à 2008

Le 16 septembre 2008, une fusillade impliquant Abou-Sofiane et son frère Bilal avait éclaté à proximité d’une école non loin de la station de métro Gilly, à l’heure de la sortie des classes. Les frères Boudidit avaient ouvert le feu sur les passagers d’une Renault Mégane, où se trouvaient Majid et son frère Salah. Plusieurs douilles avaient été retrouvées, dans la voiture, et l’une des balles avait même fini sa course dans un bus.

Un acquittement plaidé

Lors de l’audience du 8 mai, Me Lauvaux, à la défense d’Abou-Sofiane, avait soulevé plusieurs incohérences qui devaient conduire à acquitter son client : «Il dit ne pas avoir été présent sur les lieux. Il y a aucun élément scientifique, téléphonique, qui atteste de sa présence au moment de la fusillade. L’une des victimes a dit l’avoir vu tirer puis elle s’est rétractée.»

Innocenté par une des victimes

L’avocate de Salah A. avait pour sa part demandé la confirmation du jugement de mars 2012. Le frère de Salah, Majid A. était présent à l’audience et avait innocenté le prévenu « qu’il n’avait pas vu sur les lieux et qu’il avait accusé sous le coup de la colère ». Ce changement de version avait interpellé la substitute du procureur du roi qui avait malgré tout requis la confirmation du jugement de mars 2012. Aujourd'hui, dans son jugement, le tribunal signale avoir constaté des connivences entre Majid A. et un membre de la famille du prévenu présent dans la salle d’audience.