C'est grâce à un examen gynécologique de Caroline (prénom d'emprunt), en 2019, que les agissements ignobles de son père ont été révélés au grand jour. À 13 ans, la jeune adolescente présentait des MST aux parties intimes... Interrogée, cette dernière a fini par décrire les viols commis à la maison. "Elle a ainsi expliqué subir des abus sexuels depuis ses 13 ans. Son père, qui a obtenu l'hébergement principal, lui touche le sexe et la poitrine, lui force à regarder des vidéos pornographiques, etc. Les faits ont lieu dans la chambre à coucher, dans la voiture ou le grenier", précisait Me Toussaint, partie civile.

Toujours selon elle, sa belle-mère lui infligeait également des traitements inhumains et dégradants. "Elle évoque des coups de taser de la part de la prévenue, mais également des coups avec une cuillère en bois ou avec un bâton. Elle et son petit frère, également victimes de violence, parlent de punitions. Ils ne peuvent pas partir en voyages scolaires, car ils ne le méritent pas, doivent rester debout ou rester attachés au lit. Il y a aussi les tâches ménagères à effectuer à répétition à titre de punition", précisait le parquet. Au domicile familial, Caroline avait le droit de se laver uniquement les mercredis et dimanches.

Des "baffes" à l'une des victimes

Les deux grandes sœurs de Caroline, qui ont depuis lors quitté le domicile familial, ont confirmé elles aussi avoir été victimes d'abus sexuels par leur père en pleine adolescence. François, le paternel au centre des accusations, contestait toutes les préventions, hormis des "baffes" distribuées à Marc (prénom d'emprunt), son fils, décrit comme un "menteur et voleur" par le prévenu.

Une peine de dix ans de prison était sollicitée contre le paternel et une peine d'une dizaine de mois de prison était requise contre Malaika, sa compagne et belle-mère des victimes. Ce mercredi matin, Michael et Miguel ont été acquittés pour les abus sexuels dénoncés par leur demi-sœur et leur demi-frère. François écope de 8 ans de prison, sans toutefois faire l'objet de l'arrestation immédiate requise par le parquet. Malaika est condamnée à 2 ans de prison.