L'aéroport de Charleroi (Brussels South Charleroi Airport) était au bord de la faillite après les confinements successifs et la fermeture des aéroports européens. Un plan de recapitalisation, à hauteur de 40 millions d'euros, avait été mis sur la table: l'actionnaire privé apporte 20 millions, l'actionnaire public 10 millions et la SOWAER (gestionnaire public des aéroports wallons) 10 millions à son tour en abandon de créances.

On l'annonçait déjà il y a longtemps, mais il fallait deux composantes pour finaliser cette recapitalisation : d'un côté, l'Europe devait donner son feu vert pour ne pas que les apports publics soient considérés comme des aides d'État illégales - ce qui a été fait; de l'autre, il fallait trouver un accord avec les travailleurs, employés et ouvriers, pour réduire les coûts.

Après des négociations qu'on imagine âpres, puisqu'il y a eu au cours des derniers mois plusieurs arrêts de travail, un accord a finalement été trouvé mercredi 29 décembre en début de soirée, signale Alain Goelens, secrétaire permanent SETca. La semaine dernière, un accord avait été trouvé avec les employés, mais ça coinçait au niveau des ouvriers. 

Depuis hier, tout le monde est d'accord: de la flexibilité dans le travail, un effort salarial temporaire (une sorte de "prêt des travailleurs pour l'aéroport" qui serait remboursé une fois la situation rétablie), des économies structurelles et une recapitalisation devraient permettre de sauver BSCA. 

"On est retombé finalement sur la flexibilité existante depuis des années, mais on a signalé que cette flexibilité n'était pas faite de manière optimale, avant de voir pour plus de flexibilité, il faut d'abord gérer ce problème existant. L'effort salarial, de l'autre côté, c'est une retenue qui va être faite sur le salaire en fonction des revenus, sur base du barème, hors primes éventuelles. Il n'y aura aussi pas de progression salariale durant trois ans, mais cet effort sera remboursé à terme au personnel. Si un bénéfice est fait en 2022 par exemple, il y aura déjà un remboursement. Si les chiffres ne sont pas bons, de toute façon en 2025 l'effort sera remboursé: c'est une forme de prêt que fait le personnel", dit Alain Goelens. "Il faut aussi souligner qu'au niveau du chèque consommation, l'accord promet que la prime sera augmentée de 50%, c'est déjà une bonne chose dans l'immédiat pour cette fin d'année. L'accord prévoit également qu'il n'est pas question d'externaliser des opérations de l'aéroport, c'est une garantie supplémentaire pour l'emploi et le travail du personnel. Parce qu'il en avait été question fin 2020... Ca ne se fera pas."