D'après le substitut Vervaeren, le trentenaire ne semble pas avoir assimilé le rôle de la femme dans notre société au 21e siècle. Pour Tarik, c'est plutôt lui qui décide de tout pour elle. « Il lui impose sa religion, ses coutumes. Elle ne peut pas s'habiller d'une certaine manière, ne peut pas manger de porc, elle doit rester dans l'appartement et s'occuper du ménage et de l'enfant », résume le parquet.

Tarik, lui, peut découcher, sortir avec ses copains, etc. Et quand la situation ne lui plaît pas, Tarik aurait tendance à avoir la main légère en tapant sa compagne. Le parquet lui reproche d'avoir usé d'un comportement ô combien violent et interpellant envers la mère de son fils, et ce durant 2 ans. La première des nombreuses interventions policières au domicile du couple remonte à février 2020. « Lors de cette intervention, les policiers ont constaté un hématome sur la paupière de la victime », rapporte le substitut Vervaeren. Pour cette scène, Tarik prétend ne pas en être le responsable.

Des cris par la fenêtre entrouverte

Si déjà cette première scène est particulièrement interpellante, que dire de la dernière scène de violence reprochée au prévenu, le 23 janvier dernier. Un témoin (qui a préféré garder l'anonymat) a alerté la police après avoir entendu l'appel à l'aide de la victime par l'une des fenêtres de l'appartement rue d'Orléans à Charleroi. « Il est venu derrière moi, il m'a tiré les cheveux pour aller dans la cuisine. Là, il m'a porté des coups de poing au visage, des coups de pied aux jambes et m'a jeté au sol. J'ai couru vers la fenêtre pour appeler à l'aide », narre le parquet en lisant la description des faits fournie par la compagne violentée.

Tarik fait enfin preuve d'honnêteté en admettant être l'auteur de violences conjugales ce jour-là. Le substitut Vervaeren, interpellé par l'absence de remise en question de Tarik requiert une peine de 2 ans de prison, sans toutefois s'opposer à lui octroyer un sursis probatoire. « Cela lui apprendra le rôle de la femme dans notre société au 21e siècle via une formation en gestion de la violence. »

La défense plaide plutôt une peine de travail pour Tarik, loin d'être le bourreau décrit par le parquet selon son avocate. Jugement le 12 mai.