Les accusations de la jeune femme n’étaient pas suffisamment crédibles.

Mesut est un homme de 43 ans sans histoires. Mais son casier a bien failli être entaché par une condamnation pour le viol d’une jeune fille de 13 ans. Ces faits, il les nie farouchement depuis le début.

Aurore, la partie civile, est quant à elle une jeune fille paumée. Depuis la mort de son père, l’ado sombre complètement : elle fugue, elle brosse l’école, elle sort en boîte et elle couche avec de nombreux partenaires.

Sa situation a d’ailleurs inquiété le Service de protection de la jeunesse, qui l’a auditionnée en mars 2014. Et c’est dans ce contexte qu’elle a soudain expliqué avoir été violée par Mesut, son voisin qui habite la maison d’en face, dans une cité de Farciennes.

Aurore explique que le quadragénaire l’a attirée chez lui sous un prétexte fallacieux, à savoir lui remettre quelque chose pour sa maman. Mais une fois dans son appartement, Mesut aurait abusé d’elle.

Selon l’adolescente, le quadragénaire aurait même fait appel à quatre amis pour la maintenir et la déshabiller. Ceux-ci seraient ensuite partis pour le laisser la violer.

Déféré devant le tribunal correctionnel pour ces faits, Mesut nie formellement tout abus sexuel. "Elle n’est même jamais rentrée chez moi", clame-t-il.

Mais alors, comment expliquer la description de l’appartement et du mobilier faite par la jeune femme ? "C’est une cité sociale, tous les logements se ressemblent", ajoute Mesut.

Mais pour Me Mohymont, conseil de la partie civile, les détails donnés par Aurore sont trop précis. "Elle parle d’une armoire à chaussures qui se situe dans l’entrée et des lampes de chevet à abat-jour de la chambre. Elle n’aurait pas pu le voir par une fenêtre : l’appartement du prévenu est au 3e étage !"

Le parquet, lui, concède que la jeune fille est un peu "paumée", mais qu’elle n’en rajoute pas pour autant. "Deux témoins confirment également que le prévenu s’est vanté d’avoir eu des relations sexuelles avec l’adolescente", a précisé la substitute Dutrifoy, qui réclamait un minimum de trois ans de prison ferme.

Me Burgue, conseil de Mesut, sollicitait quant à elle l’acquittement pur et simple. "Elle a fait état d’un autre viol collectif qu’elle aurait subi et aucune enquête n’a été menée à ce propos", a déploré l’avocate. "Quant à sa description de l’appartement, on sait que tous les logements se ressemblent et qu’elle a déjà visité celui du voisin du dessous. Et s’il y a eu viol, elle a dû crier. Or, personne n’a rien entendu dans cet immeuble aux murs de carton."

Ce mercredi, le tribunal correctionnel a effectivement convenu que les déclarations de la jeune femme étaient trop imprécises, voire incorrectes. Mesut a donc été acquitté du viol de l’adolescente.