La FJA est venue sensibiliser Paul Magnette aux difficultés économiques rencontrées dans le secteur.

Ce jeudi matin, une délégation de la Fédération des Jeunes Agriculteurs (FJA) a rencontré Paul Magnette, en sa qualité de président du PS. Ces jeunes agriculteurs se sont déplacés en tracteur jusqu'à l'Hôtel de ville de Charleroi dans le cadre de l'action #lesdindonsdelafarce.

C'est la section locale de Thuin-Nalinnes-Gerpinnes qui a été choisie pour cette rencontre, dans le but parler de leur réalité. Une délégation de la FJA fédérale était également présente pour parler de l'action globale. Ils ont eu l'occasion de s'entretenir à propos du revenu des agriculteurs et du manque de renouvellement des générations en agriculture.

Pour rappel, l'action #lesdindonsdelafarce a démarré en fin d'année 2019. En premier lieu, des banderoles aux slogans accrocheurs étaient placées dans toute la Wallonie: "Devinez qui se sucre le plus?", "Devinez qui se fait le plus de blé", "Devinez qui s'engraisse le plus", "Devinez qui est la vraie vache à lait" ou encore "Devinez qui nous raconte de belles salades". Au mois de janvier, les sections locales de la FJA se sont rendues devant les grandes surfaces pour parler directement avec le consommateur. L'action de sensibilisation a permis de parler de la mauvaise répartition des marges et du manque de transparence. Les marges sont inéquitables, et ils le démontrent sur cinq produits: le boeuf, le porc, les patates, les céréales et le lait. Par exemple, pour le boeuf, le coût de production pour l'agriculteur est de 5,50 €/Kg. Or, le producteur le vend 4,75€/Kg et ensuite les grandes surfaces le vendent au consommateur au prix de 17 €/Kg.

La suite, c'est la rencontre avec les différents présidents de partis politiques. Après Maxime Prévot (CDH) et Jean-Marc Nollet (Ecolo), c'est au tour de Paul Magnette (PS). Par la suite, la FJA espère rencontrer Georges-Louis Bouchez (MR).

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"Nous avons rencontré Paul Magnette dans le cadre de notre action #lesdindonsdelafarce. La volonté est de sensibiliser les partis politiques dans cette action. Le but est de mettre un observatoire de prix. Pour cela, on a besoin d'un appui politique pour faire respecter les accords dans la fibre alimentaire", explique Pierre André, Président de la FJA fédérale.

Au cours de l'entretien, plusieurs sujets sont abordés: les marges de prix, le problème de diminution des jeunes agriculteurs, le prix en grandes surfaces, les pulvérisations, le bio, les coopératives, etc. Charleroi, comme d'autres communes, met en place des choses pour promouvoir le local auprès des citoyens. Comme pousser les agriculteurs à faire des coopératives par exemple. Malheureusement, ce n'est pas suffisant pour les agriculteurs. La vente dans des magasins à la ferme ou les halles est très basse et ne suffit pas. "Les initiatives locales c'est bien mais ce n'est pas suffisant. Le problème c'est ce qu'il se passe dans le schéma classique. On doit aussi pouvoir gagner notre vie. C'est là, que l'on a besoin d'un soutien politique."

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La rencontre fut positive avec Paul Magnette. L'envie de changer les choses est présente, mais cela ne se fait pas sur un coup de baguette magique. Une concertation doit être faite entre les différents partis politiques.