Les ateliers de réinsertion pour toxicomanes et SDF reprennent. Comme dans beaucoup de secteurs, le covid a fait des dégâts et, même si la pérennité du projet n'est pas remise en cause, il faut presque tout recommencer ne fusse que pour faire revenir le public. "Nous avons dû arrêter les ateliers, l'état de santé de certains ne nous laissait pas le choix. Durant l'arrêt des ateliers nous nous rendions sur le terrain pour ne pas perdre contact avec eux. La crise du covid a été une catastrophe. Ceux qui souffraient de solitude l'ont encore plus ressenti et quelques uns qui avaient besoin d'être encadrés ont complètement replongé."

Doucement, le service se remet en marche mais il faut prendre toutes les précautions et au-delà. Alors que 15 personnes pouvaient suivre un atelier maintenant seuls 5 personnes peuvent suivre l'atelier.

"Nous accueillons des personnes en grande difficulté. Soit ils sont seuls, soit ils ont des addictions diverses", expliquent les chargés de projet, Jean-Michel Volon et Séline Lenoir. "Notre but est de sociabiliser les personnes en souffrance via des projets et des ateliers divers comme linogravure, pyrogravure, dessin, peinture, mosaïques, jeux collectifs, théâtre et improvisation. Outre le fait d'intéresser notre public, nous nous sommes donnés comme mission de travailler sur l'inclusion sociale et culturelle."

Outre le côté sociabilisant du projet, l'équipe mise aussi son encadrement sur l'éveil culturel et sportif du public mais pas à n'importe condition. "Nous leur apprenons qu'ils peuvent aller voir des spectacles pour un prix modique et nous organisons des activités sportives. Dans ces cas là nous devons bien choisir les participants. Il n'est pas question de faire de l'accrobranche avec une personne alcoolique en manque. De même, nous tâchons aussi d'impliquer les personnes consommatrices de drogues par voie intraveineuse. Nous organisons des ramassages de seringues dans différents endroits de la ville. Les usagers peuvent se rendre compte des nuisances et du danger que cela représente.

Mis en place il quatre ans à la rue Spinois, Activ'Actions est un projet du CPAS de Charleroi encadrant les personnes en grande précarité. Le plus souvent toxicomanes et/ou à la rue, les usagers sont suivis par l'équipe de Catherine Depasse composée notamment d'éducateurs et d'animateurs. Si le projet est si jeune c'est qu'il vient compléter et renforcer les services d'appui du CPAS. Parmi ceux-ci, il y a le service d'abri de nuit, d'urgence sociale et Carolo Rue. C'est dans ce service qu'ont été mis sur pied les projets Activ'Actions et l'accueil de soirée. "Il n'existait rien en soirée pour accueillir les personnes précarisées. Il y a bien l'abri de nuit mais ce n'est ouvert que la nuit. Il y a aussi les abris de jours mais rien en soirée"

Pour certains usagers, le projet est fondamental et rythme la semaine. "Certaines actions doivent être réapprises comme se lever et se rendre à un rendez-vous à l'heure."

Parallèlement à tout cela, un suivi de dossier est fait afin de récupérer des droits perdus, s'inscrire à une formation ou trouver un logement.