Kévin a étranglé et frappé sa victime pour lui voler son sac et s’acheter de la méthadone

Kévin n’a pas eu le temps d’inventer des excuses, devant la chambre des vacations de Charleroi. Le juge Labar lui a rapidement coupé l’herbe sous le pied : "Alors comme ça, on arrache le sac à main d’une dame qui, elle, travaille et se lève à cinq heures du matin pour prendre le train ? Tout ça parce qu’il vous fallait de la méthadone."

Agressée sur le quai de la gare de Charleroi, la victime a probablement eu la frousse de sa vie ce matin-là, lorsque ce toxicomane aux allures de zombie avec un scorpion tatoué dans le cou, s’est avancé vers elle. Cette dame ne s’est pourtant pas laissé faire, mais Kévin n’a pas hésité à l’étrangler et à lui porter des coups pour lui piquer son sac.

Bilan : une lourde chute et huit jours d’incapacité de travail. En plus de cette agression scandaleuse, le prévenu répondait aussi de deux vols dans des véhicules. Toujours pour s’acheter de la méthadone, bien entendu. "Il est condamné en février 2014 à un an de prison avec un sursis probatoire. On lui laisse une chance et on le libère, mais dès juin, il remet le couvert. Il ne tient manifestement pas compte des avertissements. Cette fois, c’est une peine de deux ans de prison ferme que je requiers", a clamé la substitute Lebacq à l’audience.

Me Puccini, qui avait la lourde tâche de défendre Kévin, a rappelé que la toxicomanie était la seule et unique cause de cette délinquance, certes inexcusable. "La prison ferme n’arrangera rien à son problème. Ce qu’il lui faut, c’est une prise en charge", a déclaré le conseil du SDF qui lui, durant tout un temps, faisait la manche sur le parking du Palais de Justice.

L’avocat a sollicité une peine de travail, histoire de remettre son client sur le droit chemin. Mais le juge a bien dû constater que Kévin ne fournissait aucune garantie d’amendement. Le jeune délinquant a donc écopé de deux ans de prison ferme.