Les titres-services sont le troisième secteur de mise à l'emploi en Belgique. Et aide ménagère est un métier en pénurie: les chances d'y obtenir un emploi sont donc plus élevées. C'est dans cette optique que le fédéral a débloqué des fonds pour que FormTS lance une formation d'aide-ménagère en titres-services. C'est Charleroi qui a été choisie, avec un groupe de 14 jeunes femmes demandeuses d'emploi de moins de 26 ans. "Il y avait un homme, mais avec les reports successifs de la formation à cause du Covid il a fini par se désinscrire", note Patricia Bauwens de FormTS.

Sauf qu'aide-ménagère, ça ne s'improvise pas spécialement: le nettoyage chez les gens, certes, ça s'apprend sur le tas. L'utilisation des différents produits et les techniques peuvent être expliquées et apprises rapidement. Mais il y a aussi la relation avec le client. "C'est pour cela qu'on a fait un focus durant ces cinq semaines sur le savoir-être: la politesse et la ponctualité, bien sûr, mais aussi que faire si monsieur ouvre à son aide-ménagère tout nu, comment réagir si on est accusé de vol, que faire si le chien se sauve, etc. Ce sont des choses qui arrivent dans le métier."

La formation a notamment été composée d'ateliers de théâtre, avec la Compagnie Maritime de La Louvière. "On peut utiliser le théâtre-action pour analyser des situations. Ca crée de l'expérience, de l'émotion, de l'interaction et ça suscite le débat", analyse Chloé Adam de la compagnie. "On a joué une saynète pour les pousser à prendre position: comment je réagis si on dévalorise mon métier? C'est important d'être autocritique, de se muscler à avancer dans la bonne direction", ajoute son collègue Fabien Robert. 

© van Kasteel

Madisson a 24 ans, elle suit des études de droit pour devenir juriste mais voulait travailler en aide-ménagère à côté, comme sa mère, pour subvenir à ses besoins: "Il faut savoir dire non, aussi, et oser poser des questions sur ce qui doit être fait. Et si le matériel ne convient pas, oser le signaler aussi." Avant de commencer son stage de 2 semaines au terme de la formation, elle a été engagée en CDD. "Je compte travailler en tant qu'aide-ménagère pour la durée de mes études, puis trouver quelque chose avec mon diplôme de juriste." La boîte qui l'a engagée est au courant, et lui a donné sa chance. "J'ai eu ma première vraie journée de travail mercredi, ça s'est super bien passé."

D'autres jeunes filles ont un contrat en approche. Pour les restantes, FormTS restera à leur côté pour les offres d'emploi et le suivi. "Certaines entreprises de la région nous ont dit qu'elles comptaient engager une aide ménagère, mais elles avaient pris cinq stagiaire et il n'y a pas cinq postes, donc il faudra continuer à pousser certaines dans le dos pour qu'elles trouvent quelque chose", appuie Patricia Bauwens. 

L'échevin de l'Emploi, Xavier Desgain (Ecolo), était venu à Monceau-Fontaine, ce vendredi, pour leur remettre leur attestation de formation. Le document n'a pas de valeur légale, la formation d'aide ménagère n'est pas une obligation. Mais il suffit parfois d'encadrer, rassurer et pousser dans le dos les jeunes pour qu'ils s'envolent de leurs propres ailes. "Ce n'est pas facile, surtout en cette période covid, mais les jeunes qui prennent leurs responsabilités et qui se bougent, c'est agréable à voir, bravo!", les a-t-il félicité. 

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