Alain, qui a longtemps travaillé de manière irréprochable au sein de la police, n’a pas le profil habituel d’un délinquant. Cela ne l’empêche pas, selon le parquet de Charleroi, d’avoir commis une scène de mœurs sur la petite Cindy (prénom d’emprunt), la petite-fille de son épouse. Mais derrière cette accusation, il y a surtout un contexte familial particulièrement tendu qui pourrait expliquer l’origine du dossier…

Les parents de Cindy, née en 2007, se déchirent et se disputent la garde des enfants. Et la relation entre la grand-mère paternelle et son ex-belle-fille est houleuse. D’ailleurs, la grand-mère et le père de la jeune Cindy ne croient pas à la version tenue par la jeune fille. « Sa mère et son beau-père l’ont toujours aidé avec les enfants. Pour lui, il s’agirait même d’une plainte farfelue, une fois de plus », signale Me Henin, avocate du papa.

Pour Me Lepied, qui représente les intérêts de la mère de Cindy, l’accusation reflète la vérité. La jeune mineure a même été traumatisée par les faits et ne fait plus confiance aux hommes, se sent mal à l’aise et s’en veut. « Elle est victime de crises d’angoisses et de larmes. » Le 23 août 2018, Cindy a interpellé sa maman pour lui dire « des choses graves ». C’est à ce moment-là que Cindy a confié à sa mère que son « papy » lui avait demandé, durant les vacances de Pâques passées dans le sud de la France, de lui embrasser le sein au détour d’un parking, à l’abri des regards et des caméras de surveillance, en rentrant au bungalow loué par la famille. « La jeune fille a accepté et son papy a baissé son pantalon en lui demandant de se faire toucher le sexe. Mais là, elle a refusé mettant un terme à la scène », précise Sandrine Vairon, procureure de division de Charleroi.

Comme c’est habituellement le cas dans ce genre de dossiers, une expertise de crédibilité de la victime a été réalisée. Les conclusions des experts ponctuent en donnant entièrement crédit à la version de Cindy. « Il y a eu quinze critères de crédibilité qui ont été relevés sur la victime. Ce qui veut dire qu’il y a une très forte probabilité que les faits aient eu lieu. » La procureure de division de Charleroi souhaite qu’une sanction pénale soit prononcée pour enfin reconnaître le statut de victime de Cindy. Compte tenu du profil d’Alain, le parquet ne s’oppose pas à une mesure de faveur pour le papy.

Jugement le 2 mars prochain.