Inutile de présenter Amine. Le prévenu, né en 2003 et en séjour illégal sur le territoire, est un visage familier de la justice carolo. Tout récemment, le 24 mars dernier, ce dernier a écopé d'une peine de 18 mois de prison. Croyant en lui, le tribunal correctionnel de Charleroi lui avait accordé un sursis simple de 5 ans. À tort, malheureusement.

Amine n'a pas attendu les cinq années de son sursis, ni même le délai d'appel de la condamnation pour récidiver. Non, le jeune homme ne se sera montré sage que durant 12 pauvres jours, jusqu'au 6 avril. Ce jour-là, vers 6h du matin, Amine a été surpris en flagrant délit par un ouvrier Tibi, rue du Palais à Charleroi, occupé à fracasser la vitre du véhicule de Julie avec un pavé.

Le voleur a juste eu le temps de prendre les deux sacs de vêtements avant de voir la police locale arriver sur les lieux. « Alors qu'il était retenu sur place par l'ouvrier de Tibi, le prévenu a voulu taper causette avec ce dernier sans oublier de lui demander une cigarette », lance la substitute Dutrifoy, interpellée par le comportement pour le moins particulier du prévenu.

« Je peux remettre la veste? »

Si les deux sacs de vêtements ont été rendus à la victime, Amine a néanmoins conservé un souvenir avec lequel il a comparu ce jeudi après-midi. « J'avais froid et j'ai cassé la vitre pour voler des vêtements pour ne plus avoir froid et pour pouvoir manger. D'ailleurs, c'est la veste que je porte aujourd'hui que j'ai volée », explique le jeune détenu. Dans un dernier geste de bonté, Amine a proposé de remettre la veste au tribunal.

De bonté, il n'en a pas été question dans le réquisitoire dressé par la substitute Dutrifoy. Cette dernière s'oppose à toute mesure de faveur puisqu'Amine ne semble pas avoir retenu la leçon. Trente mois de prison ferme sont requis, ainsi que trois mois supplémentaires pour le séjour illégal. La plus grande clémence et un ultime sursis probatoire sont plaidés par la défense.

Jugement le 2 juin.