Miraculé ! Le terme pour décrire Amir n'est pas du tout exagéré. Grâce à la rapide intervention des secours et grâce aussi à deux témoins, le père de famille peut voir ses enfants grandir, se tenir debout et venir à l'audience ce lundi après-midi pour entendre la version des faits des trois individus suspectés d'avoir voulu intenter à sa vie la nuit du 12 au 13 novembre 2021, non loin de la rue Dagnelies à la ville basse de Charleroi.

Cette nuit-là, après avoir écumé quelques débits de boisson du quartier et consommé de la cocaïne, Amir est victime d'une terrible agression à l'arme blanche sur la voie publique et abandonné dans une mare de sang par ses agresseurs. Selon le parquet, Islam et Mohamed lui ont asséné plusieurs coups de couteau au thorax, au bras gauche et au dos. À quelques secondes et minutes près, le passé aurait été d'usage pour évoquer Amir. « Il a été victime de deux arrêts cardiaques sur place. Il a connu de nombreuses complications et a été dans le coma durant six semaines », souligne le substitut Vervaeren en évoquant l'état de santé de l'homme à la suite des faits.

Des traces de sang digne du Petit Poucet

Au départ, comme l'admet le parquet, l'enquête fut difficile. Mais rapidement, grâce à des traces de sang et aux caméras de surveillance de la Ville de Charleroi, trois suspects sont identifiés : Mohamed (appelé aussi Chouchou), Islam et Mohamed. Les traces de sang d'Islam, victime d'une blessure au doigt au moment des faits, ont permis aux enquêteurs de remonter jusqu'à l'appartement de la rue Dagnelies. Là où les trois prévenus ont été découverts. Digne du Petit Poucet.

Ce lundi après-midi, le premier Mohamed (également surnommé Chouchou) confirme avoir été présent « comme un témoin » sur les lieux de l'agression. En état de récidive, le prévenu détaille qu'il est sorti de l'appartement pour suivre Mohamed, visiblement énervé et qui est allé chercher un couteau dans la cuisine sans rien dire. « Les deux autres avaient un couteau et ont donné des coups à la victime », précise-t-il. Islam, lui, jure ne pas avoir eu de couteau en sa possession et avoir simplement voulu séparer les deux parties. Mohamed, l'homme énervé dont la maman décédée aurait été insultée par Amir, admet avoir été cherché un couteau « par peur » parce qu'il venait d'être menacé par la victime, elle aussi armée d'un couteau qui a, semble-t-il, disparu comme par magie. « Je ne l'ai pas frappé pour le tuer, mais c'était pour lui faire peur », dit le troisième prévenu.

Pour le parquet, les trois hommes ont bien commis une tentative de meurtre. Même si Chouchou n'a pas porté de coups de couteau, il est considéré comme co-auteur des faits. La même peine de prison a été requise contre le trio : 12 ans de prison.

Du côté des trois avocats de la défense, un acquittement, une requalification des faits en coups et blessures et une provocation ont été plaidés. Jugement le 27 juin.