Antonio est poursuivi pour avoir tenté de tuer Lahoucine, son ami. Ce dernier aurait entendu les regrets du prévenu.

Le dossier, dont les débats ont repris ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Charleroi, est complexe et particulièrement sensible. Antonio, le prévenu, a fait l’objet à deux reprises d’intimidation. Par qui ? Pourquoi ? Difficile de le savoir. 

Le quadragénaire reconnaît en tout cas avoir porté un coup de couteau à Lahoucine, un ami de longue date, le 14 août 2014 à la rue du Calvaire à Montignies-sur-Sambre, dans la voiture de sa maman qu’il a l’habitude d’emprunter. Ce sont des témoins, alertés par la scène, qui ont fait appel à la police.

Deux heures plus tard, vers 13h30, un homme gisant au sol et ensanglanté est retrouvé à la chaussée de Charleroi, non loin d’une maison appartenant aux parents d’Antonio. Lahoucine présente une plaie de 12 centimètres de long à la gorge, avec la carotide sectionnée. La blessure ressemble à un égorgement. Il a dû être opéré et placé dans le coma durant trois jours. 

Lahoucine s’en est visiblement sorti grâce à l’instinct de survie. D’après les éléments présents dans le dossier, Lahoucine a été enfermé dans le coffre d’un véhicule, au sein du garage de la maison en travaux des parents d’Antonio. Des traces de sang ont été constatées par le labo sur le bord de la fenêtre donnant accès à la rue. "Il est sorti de là tout seul, avant de tomber au sol, gisant." Pendant ce temps-là, Antonio, introuvable, a coupé son GSM et ne se présentera à la police que le lendemain.

La victime, qui fait preuve d’une amnésie volontaire ou non, signale avoir entendu un homme "être désolé d’avoir fait ça, mais il était obligé et qu’il avait été payé", juste avant de se faire enfermer dans le coffre. Antonio, quant à lui, explique avoir été victime de coups par Lahoucine dans la voiture. Paniqué, il signale s’être défendu en portant un coup de couteau au hasard à son ami.

Le ministère public a requis une peine de 8 ans de prison ferme, retenant l’intention d’homicide lors d’un règlement de comptes. Jugement, le 11 mars prochain.