Quand un président d'intercommunale doit démissionner avant la fin de son mandat, c'est souvent après un scandale politique. Ce n'est pas le cas cette fois-ci, puisque Gaëtan Bangisa (PS) savait qu'il n'était là que temporairement.

C'est en décembre 2018 que le conseiller communal carolo avait pris le relais de Françoise Daspremont (PS), aussi échevine carolo, "empêchée" par le décumul propre à la fédération PS de Charleroi. Dès le début, la règle était claire : c'est en attendant que Léon Casaert (PS), l'ex-bourgmestre de Charleroi à qui l'intercommunale était promise, soit prêt à prendre ses fonctions de président. Ce qui aurait dû être fait en juin 2020, mais a été repoussé de quelques mois avec la crise sanitaire.

"C'est passé vite, c'était un mandat très court mais très intense", note Gaëtan Bangisa, visiblement ému de devoir laisser la main. "J'aurais préféré rester, c'est triste de partir comme ça, mais une parole est une parole, et c'est aussi ça la politique. Je pars avec tristesse mais je sais que Tibi est sur de bons rails :je pense avoir bien rempli mes fonctions, et avoir mené avec succès l'intercommunale pendant le temps qui m'a été imparti."

De fait : le recrutement d'un nouveau directeur général, Philippe Teller, pour remplacer Olivier Bouchat; la mise en service de l'UVE (unité de valorisation énergétique); la mise en place du recyparc d'Aiseau-Châtelet-Farciennes; l'extension des missions de propreté publique hors de l'intra-ring; le développement du projet de centre immersif "Lavoisier"; et bien sûr la gestion de la crise sanitaire, "durant laquelle toutes les missions ont été remplies, ce qui n'a pas été le cas partout", souligne l'intéressé qui souhaite visiblement montrer qu'il a été actif en déroulant son bilan.

Son mandat a aussi été marqué par l'émotion, note-t-il. Olivier, l'éboueur décédé à Anderlues dans un accident de travail, était un proche. "C'est ce que j'ai trouvé exceptionnel, à Tibi, c'est qu'on est un peu une grande famille. Pour mon mandat, je voulais changer la façon d'être président, être au plus près du terrain. C'est d'ailleurs pour cela que je suis allé passer une journée à ramasser les ordures et en recyparc, avec les équipes. Et laissez-moi vous dire qu'après une journée, une seule, j'étais vidé. Le travail qu'ils font force le respect." Le directeur général, parle d'un Gaëtan Bangisa "attentif, impliqué et proche des équipes", visiblement satisfait du président qu'il a connu, et qu'il continuera à côtoyer puisque le politique reprendra son siège d'administrateur, qu'il occupait depuis 2006.