Charleroi Les graffeurs profitent du passé industriel de Charleroi pour s’exprimer.


Charleroi regorge de bâtiments abandonnés, le passé industriel de la ville a inspiré les graffeurs pour s’exprimer dans des fresques colorées que l’on retrouve aujourd’hui un peu partout. À partir de la fin des années 80 et début 90, les artistes commencent à peindre les murs des bâtiments abandonnés à Charleroi. "C’est depuis qu’ils ont abandonné des lieux, comme par exemple le métro fantômes à Montigny-sur-Sambre. Les premiers collectifs sont apparus", explique Sébastiano Bongiovalli, du Collectif Indigen.

Si le graffiti est à la base du vandalisme, la vision de cet art a évolué aujourd’hui. "À Charleroi, on était en avance, c’était particulier. À l’époque les gens venaient de Bruxelles pour venir peindre." En 2003, la ville a officialisé cet art. Des événements avaient lieu dans l’objectif de décorer des quartiers grâce à des fresques colorées. La plus ancienne fresque se trouve en face du Rockerill. Très bientôt, le collectif Indigen en partenariat avec la ville et Carsid montera un projet : street art style. Cet événement présentera 9 lettres (Charleroi), 9 tableaux et 9 artistes. Dans chaque lettre, l’univers d’un artiste sera découvert.

"Charleroi c’est le mini Berlin." Les usines continuent à fermer, les lieux abandonnés sont toujours aussi présents qu’avant. La ville était et est toujours un lieu particulier pour les graff’s. Les carolos ne sont pas les seuls à profiter de ce territoire, les graffeurs viennent parfois de loin pour y déposer leur fresque. "Les gens viennent pour ce côté urbex, underground. Ils peuvent s’exprimer partout soit sur un ancien bâtiment industriel, à la vue de tous, soit dans un lieu abandonné, à l’abri de tous les regards. " Aujourd’hui, le graffiti est devenu un art reconnu par la population ainsi que par la ville.