Un ami de l'accusé a raconté que les problèmes ont commencé quand Maria s'est mise à boire. "Elle avait un caractère fort et il était difficile de l'arrêter. Un jour de déménagement, elle a pris un couteau de cuisine et l'a balancé vers David, car on avait trainé. Elle avait bu du Porto. David a préféré qu'on parte boire un verre ailleurs".

Par contre, le témoin a affirmé n'avoir jamais vu l'accusé frapper sa compagne. Selon lui, David supportait bien l'alcool, même après avoir bu une bouteille de whisky. "Il n'est pas agressif", a-t-il assuré. Lors de sa déclaration à la police, il avait même déclaré qu'il pensait plutôt que Maria s'en prendrait à David.

Le président a ensuite lu la déclaration d'un témoin défaillant. Ce dernier a relaté les problèmes financiers du couple et la violence dont était victime Maria. Selon lui, la femme cachait cette violence et David se fichait de l'éventuel départ de Maria, laquelle souhaitait suivre une cure contre l'alcool à l'hôpital Van Gogh.

Lundi, lors de l'instruction d'audience, le président avait interrogé l'accusé au sujet d'un coup de fourchette porté à sa compagne, et l'accusé avait relativisé, évoquant un geste maladroit lors d'une dispute.

Au milieu de ces scènes se trouvait une enfant âgée de neuf ans, qui se mettait souvent entre ses parents. Il arrivait que l'homme demandât au témoin de reprendre l'enfant chez lui quand sa femme consommait un peu trop d'alcool.

Le 5 mars, peu après sept heures, David a appelé le témoin pour lui annoncer que Maria était décédée et lui demander de prendre en charge la petite fille, car il allait aller en prison. A l'enfant, il a dit que sa maman était morte dans son lit et qu'elle avait été agressée la veille dans le centre de Charleroi. Sur la route, l'enfant avait confié au témoin qu'elle avait entendu ses parents se disputer en matinée.

L'avocat général se demande qui était victime des coups au sein du couple. "Je n'ai jamais caché avoir frappé Maria, à la suite des coups que j'avais reçus. Il y a eu des chutes dans les escaliers. Je ne la battais pas, on se battait, car elle était violente la première", a répondu l'accusé.

Un voisin du couple, du temps où ils habitaient au boulevard Tirou, entendait régulièrement des disputes et des cris le soir. Ce témoin a entendu David qui insultait Maria, menaçant de la jeter par la fenêtre. Malgré les conseils de la police, Maria est restée et les disputes ont repris. David reprochait à Maria de boire, de ne pas chercher de travail et de ne pas entretenir l'appartement. Le voisin a été témoin de deux scènes de violence, au cours desquelles David frappait Maria, "qui était traitée comme un chien et qui n'avait rien à dire". Il a également déclaré que David avait obligé Maria à dormir dans la cave.