Des extorsions au préjudice des mêmes victimes et une fraude informatique figurent aussi parmi les infractions reprochées au couple.

Francine Genicot s'est mise en ménage, très jeune, avec un homme, plus âgé qu'elle, qu'elle n'aimait pas. "Il a été pris pour débauche de mineur. Pour le juge, soit il m'épousait, soit il allait en prison !" Ses propos étonnent les magistrats professionnels.

Elle a son premier des quatre enfants avec cet homme, à l'âge de 16 ans. "Il me frappait dessus et il a voulu tuer les enfants". Elle divorçait à l'âge de 23 ans.

Pas très heureuse en amour, elle a rencontré Johnny au bar du Palais de la bière à Gosselies. "Je ne buvais que du coca à l'époque, je n'avais aucun problème de consommation. J'ai commencé à boire avec lui".

Elle raconte que les deux premières années de leur relation amoureuse étaient bonnes, les choses se sont compliquées ensuite. "Je le frappais par légitime défense. J'avais peur de ses réactions. Je faisais souvent appel à la police, mais je n'ai jamais osé porter plainte, car il me menaçait de représailles".

Francine prétend que, à cause de Johnny, elle ne savait plus faire son ménage. Toutefois, les témoins auditionnés durant l'enquête n'ont pas décrit l'accusée comme une fée du logis, ni comme une femme courageuse. Elle bénéficiait d'allocations de la mutuelle, suite à une opération chirurgicale, et elle s'était endettée à hauteur de 23.000 euros.

L'alcool, la drogue, tout cela coûte cher et les finances du couple étaient un peu courtes. "Il mettait mon GSM en gage et mes enfants me donnaient de l'argent".

Ses enfants, placés par le juge puis récupérés, l'ont vite quittée, car elle ne s'occupait pas d'eux. Il ressort de l'acte d'accusation qu'ils cherchaient de la nourriture dans les poubelles et que ce sont les voisins qui leur donnaient des vêtements.

Francine Genicot raconte que ses relations avec Jacques Hubinon et Marie Simon étaient bonnes, qu'elle nettoyait leur appartement et qu'elle s'occupait de leur lessive. "C'étaient des gens formidables. Je disais à Johnny de les laisser tranquilles, mais il y allait toutes les heures. Je leur ai même proposé de déposer plainte contre Johnny".

Selon Marie Simon, Johnny Falise n'était jamais seul quand il venait réclamer l'argent, Francine l'accompagnait. "Je crois qu'elle invente", répond l'accusée, qui conteste avoir détenu les cartes de banque des victimes.

Quand Jacques et Marie refusaient de donner de l'argent à Johnny, Francine confirme qu'il se montrait violent. Toutefois, elle n'a pas osé le dénoncer ou déposer une plainte à la police. "Jacques et Marie avaient aussi peur de Johnny, car ils savaient de quoi il était capable. Un jour, il a essayé de jeter Jacques par la fenêtre. Il était fou à ce moment-là".

La nuit du 27 au 28 avril 2019, elle prétend que Johnny l'avait envoyé chez Jacques chercher cent euros, mais Jacques n'avait plus d'argent. "Je suis descendue et j'ai informé Johnny qui est monté, déclarant qu'il savait que Jacques détenait encore de l'argent. Il était très en colère, le démon incarné. Jacques a crié : Johnny arrête. Je suis monté et j'ai vu que Johnny donnait une claque à Marie, puis a frappé Jacques, qui a voulu se relever. Il a pris Jacques par la gorge et l'a jeté sur son lit".

Elle prétend que Johnny n'a pas voulu appeler l'ambulance. "Il m'a dit de descendre et il a surveillé tous mes faits et gestes. On a entendu un boum, Marie est descendue chercher de l'aide. Johnny est remonté et a mis Jacques au sol".

Francine Genicot prétend qu'elle est toujours restée en retrait des manœuvres de son compagnon, même après la mort de Jacques quand il fallut entreprendre les démarches administratives pour toucher son assurance-vie. C'est pourtant chez elle que les policiers ont retrouvé les documents administratifs.

L'accusée avait été inculpée de non-assistance à personne en danger mais la chambre des mises en accusation a estimé qu'elle devait répondre des mêmes chefs d'accusation que son ancien compagnon.

Quelques jours après les faits, Francine Genicot avait confié à un ami que Johnny avait tué Jacques. Ce témoin a appelé la police, ce qui a permis au parquet de saisir un juge d'instruction, dont l'audition est attendue dans la journée.