Après des années de procédure et quatre jours de procès, Me Mayence conclut que l'auteur n'est pas Abdulhakim Kaya. "A aucun moment dans ma plaidoirie, on ne pourra mettre le couteau dans la main de mon client, à aucun moment", a déclaré l'avocat en début de plaidoirie, rappelant que son client a fait un an de détention préventive "uniquement sur la base de témoignages de gens qui sont venus mentir, sous serment, devant la cour".

L'avocat affirme que le couteau appartenait à Salih, lequel a coincé Abdulhakim avec son véhicule. L'accusé a retourné le couteau contre son agresseur.

Il ajoute que la version de son client n'a pas varié depuis le premier jour. "Il a toujours dit qu'il n'avait pas eu le couteau en main, qu'il ne savait pas comment le coup a été porté, qu'il y a eu une bagarre. Il n'a jamais dit que le coup avait été porté par un tiers."

Le 3 juin 2016, Abdulhakim Kaya est arrêté en Serbie, après avoir accepté de se rendre aux autorités judiciaires. Aucune commission rogatoire n'a été diligentée en Serbie. Il est revenu en Belgique, le 11 août, et a été placé sous mandat d'arrêt le lendemain. "Depuis, plus aucune audition. Pas une seule audition sur les faits, car la juge d'instruction n'était pas celle qui était titulaire du dossier. Il n'a jamais été entendu après l'audition des témoins, dont il a donné les noms", s'insurge le pénaliste.

Ce dernier a lu les auditions de ces témoins et il constate que rien n'est concordant, qualifiant même de "fantaisistes" les différentes versions du beau-frère de la victime, lequel a pris la fuite à l'arrivée des secours. Un homme était blessé au couteau, mais aucun couteau n'a été retrouvé sur la scène de crime.

Par contre, l'avocat estime que la version de son client est confirmée par les constatations des médecins légistes sur les poignets de la victime. L'accusé a déclaré qu'il avait maintenu la victime par ses poignets. La plaie sur la poitrine de l'accusé semble compatible avec un combat au corps à corps.

Selon l'avocat, la fuite de son client n'est pas une preuve de culpabilité mais simplement qu'il a eu peur des représailles. "N'importe qui se serait défendu de la même manière face à quelqu'un qui est armé d'un couteau. C'est de la légitime défense."

Après les répliques, les jurés sont entrés en délibération.