A l'âge de 14 ans, Francine Genicot se mettait en ménage avec un homme âgé de 43 ans. "Elle a quitté son domicile familial pour trouver du bonheur ailleurs, cela ne sera pas le cas". La relation fut chaotique, comme les suivantes, toutes baignées dans la violence.

Ce n'est pas dans les bras de Johnny Falise que Francine Genicot a trouvé un peu d'amour et de paix. "C'était une relation extrêmement toxique. Elle était sous l'emprise de Johnny Falise, lui aussi violent avec les femmes. Alors qu'elle n'avait jamais consommé de substances toxiques, elle s'est mise à consommer de la drogue dure et de l'alcool". L'avocate ajoute que l'état de santé de sa cliente n'est pas florissant. "Toute sa vie, cela a été de la douleur, jour après jour, peine après peine".

Francine Genicot n'avait aucun antécédent judiciaire au moment des faits, alors qu'elle était âgée de 51 ans. Après trois mois de détention préventive, Francine Genicot a été placée sous surveillance électronique durant huit mois, avant d'être libérée sous conditions.

Jeudi, après la lecture de l'arrêt sur la culpabilité, le ministère public a mis à exécution l'ordonnance de prise de corps qu'il détenait. Elle a passé la nuit à la prison de Mons. "Ce matin, l'avocat général a estimé qu'elle représentait un danger pour la société. Pourtant, elle a prouvé durant sa liberté qu'elle n'en représentait pas un. Durant toute cette période, elle a évolué, elle ne consomme ni alcool, ni stupéfiant. Elle a compris qu'elle devait se soigner mentalement"

L'avocate apporte une preuve, les témoignages de ses enfants. Alors qu'ils avaient dressé un tableau très noir lors de l'enquête, les enfants ont maintenu leurs déclarations, précisant qu'elle avait changé et qu'elle s'occupait de ses neuf petits-enfants, ce qu'elle n'avait pas fait avec ses quatre enfants. "On vous demande le droit à l'espoir", a conclu l'avocate.

Me Kiaku rejoint sa consœur rappelant que "cette dynamique de couple avait mené à cette tragédie". Il a demandé aux juges d'être "cléments et indulgents" au moment de choisir la peine, et de ne pas faire de cette femme "une damnée de la société".

Le jury et la cour sont entrés en délibération pour débattre de la peine. Un arrêt est attendu dans la journée.