Le frère aîné de Maria, Carlos, a évoqué des problèmes de drogue et de scènes de coups. "Quand elle a rencontré David, il semblait bien. Mais ma sœur avait des marques au visage. Elle me disait qu'elle avait chuté", a-t-il exposé. Il a précisé que c'était arrivé plusieurs fois. "Il y avait de plus en plus d'hématomes".

La veille du décès de sa soeur, Carlos avait tenté de la joindre par téléphone, sans succès. "Le lendemain, sa fille m'a appelé pour me dire que sa maman était morte. J'étais sous le choc", a-t-il ajouté.

La cour a ensuite entendu les parents de Maria, un couple de Portugais résidant au Grand-Duché du Luxembourg. "Elle a commencé à boire de l'alcool quand elle a commencé à fréquenter David", a déclaré la mère de la victime.

Selon Maria Da Gloria, sa fille était victime de violences depuis longtemps. "Quand elle revenait à la maison, elle avait des hématomes sur les bras, les jambes. Je lui demandais d'où cela venait, mais elle ne me disait rien. Un jour, elle est revenue avec des éclats de verre sur la tête, j'ai dû les lui retirer avec une pince. Quand elle nous demandait de l'argent, c'était pour lui. On a donné 3.000 euros, puis 6.000 euros, mais il a réclamé 18.000 euros qu'on n'a jamais donnés", a raconté la mère, choquée par la perte de sa fille aînée. Selon elle, David avait également volé la carte de banque de sa fille.

Le père, en pleurs, n'a pas trouvé les mots pour décrire sa tristesse. "Nous sommes choqués, fatigués", a-t-il déclaré.

Enfin, la sœur de Maria s'est exprimée devant la cour. "Ma sœur était une femme qui ne parlait pas vraiment d'elle, elle ne s'ouvrait pas beaucoup. Je l'ai vue le 4 février pour la dernière fois, pour l'anniversaire de papa. Elle venait avec sa fille, lui ne venait plus. Elle était très déprimée, elle disait qu'elle était à bout. On lui a dit de revenir au Luxembourg, pour l'aider. On a essayé de l'appeler, mais elle ne répondait plus. En mars, c'était fini, elle était partie..."

Fatima a vu des hématomes sur le corps de sa sœur, "mais elle n'en parlait pas, c'était tabou, elle en a parlé à maman, mais pas à moi. Un jour, elle m'a appelée en pleurant, elle était dans la cave. Il la traitait de tous les noms".

D'après sa soeur, Maria avait envie de s'en sortir, de ne plus toucher à l'alcool. "Pour nous, David a un double visage. Il était gentil avec nous et il la traitait comme une reine. Mais il était aussi un monstre avec elle. Pourquoi cette violence ? Pourquoi la battre ?", a-t-elle demandé à l'accusé.

L'avocat général a demandé à l'accusé ce qu'il avait à dire après ces témoignages. Ce dernier a déclaré qu'il comprenait la tristesse de la famille de Maria, "mais je n'ai jamais frappé le premier", a-t-il répété. "Je présente toutes mes excuses, je ne peux rien dire de plus".

Maria Gonçalves Da Rocha est décédée d'un coup de couteau, la nuit du 5 au 6 mars 2018, lors d'une dispute avec David Vens, lequel déclare l'avoir désarmée.