La nuit du 27 au 28 avril 2019 à Marcinelle, Jacques Hubinon avait refusé de donner de l'argent à son beau-fils, qui l'avait alors passé à tabac sous les yeux des deux femmes, causant un traumatisme crânien fatal. Pour l'avocat général, il s'agit donc d'une tentative d'extorsion avec plusieurs circonstances aggravantes, dont celle du meurtre.

Pour le parquet, le rôle de Francine Genicot est clair: "elle est co-auteure", a insisté l'avocat général, balayant la non-assistance à personne en danger. "Dans le cas d'une non-assistance, la personne n'intervient pas dans la commission de l'infraction. Ici, Francine Genicot a participé par abstention, par loyauté à l'égard de son compagnon. Elle est au courant des violences, elle est là quand Johnny Falise se présente chez les victimes. Son inaction a encouragé les agissements de ce dernier." En outre, "elle a profité directement des bénéfices" des violences infligées.

Si elle n'a porté aucun coup, Francine Genicot a assisté à la scène. "La circonstance aggravante de meurtre rejaillit sur le co-auteur", a répondu l'avocat général. Ce dernier a insisté sur le fait que l'accusée n'était atteinte d'aucun trouble mental, comme l'ont constaté les experts. Il n'y a donc pas de "contrainte irrésistible", a pointé l'accusation. Celle-ci a par contre reconnu ne disposer d'aucune preuve contre l'accusée concernant la fraude informatique, soit les retraits bancaires effectués avec les cartes des victimes.

L'avocat général a ensuite estimé que les déclarations de l'accusée selon lesquelles elle n'avait "rien vu" la nuit du meurtre n'étaient pas crédibles. "Elle a fourni des détails qu'il est impossible d'inventer. Le 4 mai, Mme Genicot a ainsi déclaré que Johnny Falise avait étranglé Jacques alors que l'autopsie n'a eu lieu que le lendemain."

Concernant le meurtre, l'avocat général estime que le lien entre les violences exercées par Johnny Falise et la mort de Jacques Hubinon est établi par le rapport du médecin légiste.

Pour l'accusation, l'extrême violence dont a fait preuve Johnny Falise et les zones visées par ses coups (tête, cou et thorax) démontrent l'intention de tuer. "C'est un véritable acharnement sur une personne vulnérable", a conclu l'avocat général.