Ahmed Yahiaoui, la victime, était père de deux filles et d'un garçon, Marwan, 21 ans au moment des faits. Il s'était séparé de leur mère en 2014 et le divorce était en cours. Ahmed Yahiaoui avait souhaité mettre en vente la maison familiale située rue du Louât, à Farciennes. Marwan craignait se retrouver sans domicile et il avait souhaité revoir son père pour évoquer cette vente.

Le 23 décembre, Ahmed Yahiaoui s'est rendu en bus à Farciennes. Il a rencontré son fils en début d'après-midi et ils ont discuté, en se promenant dans le parc de Farciennes. La victime n'a ensuite plus donné le moindre signe de vie depuis le milieu d'après-midi. Après l'avoir tué, son fils s'est débarrassé de son téléphone portable, qu'il avait démonté.

Le 26 décembre, la sœur de la victime s'est présentée à la police pour signaler la disparition de son frère. L'enquête a révélé qu'il avait eu de nombreux contacts avec son fils et son épouse et qu'il s'était rendu à Farciennes, le 23 décembre. Entendu à titre de témoin, Marwan Yahiaoui est rapidement devenu suspect. Il est passé aux aveux le 29 décembre et il a indiqué où se trouvait le corps de son père, qu'il avait enterré dans un bois.

Me Arnaud Lebas, avocat d'une sœur d'Ahmed Yahiaoui et de son conjoint, qualifie l'accusé de "froid, menteur, calculateur et parfaitement méthodique". L'accusé a été auditionné à neuf reprises, multipliant les mensonges, passant seulement aux aveux face aux éléments accablants. L'avocat est revenu sur les mensonges de l'accusé, durant ses neuf auditions.

Selon l'avocat, le jeune homme timide et taiseux a fait preuve d'un sang froid glaçant, ne perdant jamais ses moyens lors du procès. "J'ai été choqué par son attitude, il n'est pas triste pour son père qu'il surnommait le carroteur, il est triste pour lui", affirme l'avocat. "Ahmed Yahiaoui était réduit seulement au rôle de portefeuille, qui avait intérêt à obéir à son fils, qui s'est imposé comme décideur."

L'agonie d'Ahmed Yahiaoui a duré cinq minutes, entre les mains de son fils qui serrait très fort son cou, "ce fils pour lequel il a tout donné, il s'est sacrifié".

Me Michaël Donatangelo, avocat d'une autre soeur de la victime, a salué le travail des enquêteurs et du parquet dans cette affaire qui, au départ, était une simple disparition. "Ce monsieur était extrêmement courageux (...). Tout le monde était unanime pour dire qu'il était un homme bon et qu'il ne méritait pas ce qui lui est arrivé", a relaté l'avocat. "Mais son fils n'a retenu que les violences que son père lui aurait infligées". "Dire qu'Ahmed était violent est un mensonge", affirme l'avocat. "C'était un père aimant et nous en avons les preuves, comme la lettre écrite par sa fille aînée". Un père qui a regardé son fils dans les yeux, alors qu'il était en train de mourir. "La douleur morale a dû être bien plus forte que la douleur physique", conclut l'avocat.