Ahmed Yahiaoui a été étranglé par son fils le 23 décembre 2017, lors d'une bagarre près du bois de Farciennes. Son corps a été enterré dans un bosquet situé entre trois voies rapides, après avoir été traîné sur plus de cinquante mètres, nu, sur un sol rugueux.

Lors de la reconstitution, Marwan Yahiaoui a expliqué que "on l'a pris par les épaules" et "on l'a tiré par les pieds", devant des témoins. Ces déclarations laissent sous-entendre que l'accusé n'était pas seul cette nuit-là. Interrogé, il a toutefois affirmé qu'il avait agi seul.

Le juge d'instruction a placé ses proches sous écoute téléphonique sans que cela n'apporte de nouvelle information. D'autres devoirs d'enquêtes, comme la recherche de traces ADN sur les vêtements de la victime ou sur une bêche, n'ont rien donné. Personne n'a été inculpé de recel de cadavre.

Le jeune homme prétend avoir traîné son père sur une cinquantaine de mètres mais aucune trace n'a été relevée sur son corps par le médecin légiste. "Je reste interpellé car le sol était agressif, je m'attendais à voir des traces plus marquées dans le dos ", a déclaré le médecin légiste devant la cour d'assises, lundi soir.

Le médecin légiste est intervenu sur place le jour de la découverte du corps, le 29 décembre. "Il faisait froid, il pleuvait, le corps était recouvert d'une terre gluante. Des pétéchies (des taches rouges, NDLR) ont été relevées au niveau des paupières de la victime. L'autopsie a confirmé qu'elle avait été étranglée car les grandes cornes de l'os hyoïde étaient fracturées. Le corps présentait peu de lésions de défense", a-t-il détaillé.

Selon Marwan Yahiaoui, une bagarre a éclaté lorsque son père lui a dit qu'il était un bon à rien. Les deux hommes se trouvaient alors sur une passerelle. L'accusé a déclaré qu'il s'était battu avec son père et qu'ils s'étaient retrouvés tous les deux couchés sur le sol. Il s'est ensuite placé sur lui pour l'étrangler.

Le médecin légiste a relevé des traces sur les poignets de l'accusé. "Il est possible que la victime ait tenté de se dégager de son fils, en le saisissant par les poignets. On peut imaginer plein de choses", a-t-il exposé.