La cour a notamment auditionné l'imam de la mosquée fréquentée par Ahmed. L'imam avait été contacté par l'épouse d'Ahmed pour jouer les médiateurs entre elle et son mari. Le guide religieux se souvient que, lors d'une réunion, Zohra monopolisait la conversation et criait. Ahmed disait qu'il voulait encore voir ses enfants, mais plus sa femme.

Zohra avait aussi demandé à l'imam si la présence d'Ahmed était nécessaire pour le mariage de sa fille aînée, prévu le 31 décembre 2017.

A la mosquée, Ahmed s'était fait des amis, notamment un Turc avec lequel il parlait de tout, sauf de sa famille. Néanmoins, le 23 décembre, il lui a annoncé qu'il avait un rendez-vous avec son fils, Marwan, et il ne semblait pas stressé, ni malheureux.

Le 23 décembre, Ahmed Yahiaoui s'est rendu en bus à Farciennes. Il a rencontré son fils en début d'après-midi et ils ont discuté, en se promenant dans le parc de Farciennes. La victime n'a ensuite plus donné le moindre signe de vie depuis le milieu d'après-midi. Après l'avoir tué, son fils s'est débarrassé de son téléphone portable, qu'il avait démonté.

Le 26 décembre, la soeur de la victime s'était présentée à la police pour signaler la disparition de son frère. L'enquête a révélé qu'il avait eu de nombreux contacts avec son fils et son épouse et qu'il s'était rendu à Farciennes, le 23 décembre. Entendu à titre de témoin, Marwan Yahiaoui est rapidement devenu suspect. Il est passé aux aveux le 29 décembre et il a indiqué où se trouvait le corps de son père.

Ahmed Yahiaoui a été présenté comme un homme calme et réservé. En 2014, il avait décidé de quitter son épouse et de vivre dans un studio insalubre à Gilly. Selon ses proches, il s'inquiétait chaque jour pour ses deux enfants restés avec son épouse, l'aînée étant partie vivre au Japon. Il souhaitait vendre la maison familiale de la rue du Louât à Farciennes et le couple s'était rendu chez le notaire, en compagnie de leurs avocats respectifs. La vente de la maison était prévue pour le début de l'année 2018. Le 13 décembre 2017, Ahmed avait annoncé au notaire sa volonté de conclure un accord à l'amiable avec sa femme au sujet de la vente de la maison. Le divorce n'avait pas encore été prononcé, "car il n'avait pas assez d'argent pour payer le divorce", a déclaré son beau-frère.

Marwan Yahiaoui a aussi été présenté comme un garçon calme et réservé. Lui aussi exprimait peu ses sentiments. Une ancienne enseignante de Marwan a fait plus de deux cents kilomètres pour venir témoigner devant la cour. Elle fut étonnée quand elle a appris les faits car elle se souvient d'un garçon extrêmement poli, respectueux et introverti.

Les avocats des parties civiles prendront la parole en début d'après-midi.