Me Nabil Khoulalène, avocat d'une soeur de la victime, ne conteste pas que certains témoignages de mercredi matin sont favorables à l'accusé mais il rappelle que le parricide est l'un des crimes les plus graves prévus par le code pénal. "La façon dont les faits se sont produits, ce qui s'est passé après, démontrent qu'il n'était pas que ce gentil garçon, taiseux, qui n'aurait pas fait de mal à une mouche", a déclaré l'avocat en début de plaidoirie.

Il ajoute que Marwan a mis tous les moyens en oeuvre pour masquer son crime en enterrant son père, en envoyant deux SMS à son père après sa mort (estimée le 23 décembre 2017 peu avant 15h01, heure à laquelle le téléphone d'Ahmed s'éteint brutalement), en déclarant qu'il n'a pas vu son père depuis trois mois, en nettoyant le corps et l'ADN laissé sous les ongles de son père... "C'est seulement face aux éléments accablants qu'il est passé aux aveux, pas parce qu'il avait envie de vider son sac".

Une éventuelle provocation dans le chef d'Ahmed Yahiaoui a été balayée d'un revers de la main par Me Khoulalène qui ne croit pas à une gifle donnée par la victime à son fils. Par contre, Ahmed a bien tenté de se défendre, ce qui explique les traces de griffes vues par des témoins sur le visage de Marwan, le jour des faits.

Pour Me Khoulalène, le compte à rebours d'Ahmed Yahiaoui a débuté le 19 décembre 2017 quand son fils, qui avait cherché un taser en urgence au début du mois, l'a bombardé de messages l'incitant à le voir pour évoquer la vente de la maison familiale.

Le 22 décembre, le rendez-vous est pris dans un centre commercial car Ahmed, malade, souhaitait voir son fils dans un endroit chaud. Le rendez-vous est annulé par Marwan qui dit devoir aller chercher sa soeur à l'aéroport alors qu'il n'y est pas allé.

Le lendemain, il y a une reprise de contact entre le fils et le père. Ahmed se rend en bus à Farciennes pour voir son fils, il ne semble pas tracassé et même heureux de voir son fils. Pourtant, la mort l'attend sur une passerelle, entre trois voies rapides. Ahmed est étranglé par son fils "qui a serré très fort et durant cinq minutes". Selon son fils, Ahmed n'avait aucune chance de s'en sortir. "Son objectif était de le tuer, il n'avait plus aucun respect pour lui. Comme le père n'a pas cédé, son fils a considéré qu'il était de trop. Sa mort réglait tous les problèmes de confort et tous les problèmes financiers". Le divorce n'étant pas encore prononcé, la maison était sauvée.

Après avoir laissé le corps de son père sous un pont, Marwan est allé enterrer le corps quarante-huit heures plus tard. Pour Me Khoualène, il a agi avec le même sang froid que lors de la commission du crime "et il n'a eu aucun respect pour sa mort".