Après avoir tué son père, Marwane Yahiaoui, 21 ans à l'époque, avait pris toutes les mesures pour que le corps de la victime ne soit pas retrouvé. Il l'avait enterré dans un bosquet peu fréquenté, situé entre trois voies rapides. Il avait enlevé les vêtements de la victime, nettoyé son corps avec des lingettes et curé les ongles de son père, qui l'avait griffé au visage, avec une brosse à dents. Ces précautions ont été prises en vain: trois jours plus tard, l'accusé était placé sous mandat d'arrêt.

Le 26 décembre 2017, vers 14h20, la sœur de la victime s'était présentée au poste de police car elle n'avait plus de nouvelles de son frère, Ahmed. Depuis plusieurs jours, le quinquagénaire ne donnait plus signe de vie, ce qui n'était pas ses habitudes.

La police locale avait alors ouvert une enquête pour disparition. Les policiers ont découvert que le disparu avait effectué un dernier retrait bancaire le 23 décembre à 13h13, dans une agence bancaire située à Montignies-sur-Sambre, le long de la chaussée de Charleroi.

Ils ont aussi constaté que le disparu avait utilisé la dernière fois son abonnement Tec le 23 décembre à 13h25, pour prendre un bus en direction de Farciennes, où vivent son épouse - dont il était séparé depuis trois ans - et ses enfants. L'enquête de téléphonie a permis de voir que deux numéros de ses contacts ressortent: celui de son épouse et celui de son fils. Les policiers constatent que le téléphone a été coupé de manière brutale.

Les enquêteurs se rendent alors chez l'épouse de la victime, où ils tombent sur Marwane qui leur déclare être avec ses parents, ce qui les étonne. Les policiers sont également interpellés par des regards échangés entre la mère et le fils. Personne ne semble inquiet de la disparition d'Ahmed, le fils disant que "c'est encore une escapade". Le duo est alors privé de liberté, leurs téléphones sont saisis. Les déclarations de la mère et du fils à la police se contredisent.

La plus jeune des filles de la famille Yahiaoui, âgée de 16 ans, entendue comme témoin, déclare qu'elle ne veut pas qu'il arrive quelque chose à son frère. Ce dernier devient alors suspect, d'autant plus que son téléphone et celui de son père ont borné au même endroit à Farciennes, avant que le GSM du père ne s'éteigne.

Des fouilles sont organisées à Farciennes le 28 décembre, avec un appui aérien et des chiens pisteurs, mais les policiers ne retrouvent aucune trace d'Ahmed. Les dernières images de lui vivant ont été capturées par une caméra située en face d'un magasin le long de la rue Saint-François. Il marche en compagnie de son fils, Marwane.

Le 29 décembre, le juge d'instruction ordonne une perquisition chez Marwane et sa mère, à la rue du Louât. Interrogé sur deux SMS envoyés à son père, le 23 décembre à 15h24, l'accusé passe aux aveux. Il a envoyé ces deux messages à son père, après l'avoir tué. Il y écrit qu'il regrette qu'il ne soit pas venu à leur rendez-vous et lui dit d'aller de faire foutre. Or, les images prouvent qu'ils se sont vus.

L'accusé emmène alors les policiers dans un bois, où le corps de la victime est retrouvé. Le téléphone de son père est découvert dans une poubelle à l'entrée du parc. Marwane avait jeté la batterie et la carte SIM à deux endroits différents, d'où la coupure brutale de l'appareil.

Le fils avait pris soin de jeter les vêtements de son père, ainsi que les siens, dans un sac en plastique retrouvé par les policiers.

Le jeune homme, placé sous mandat d'arrêt pour meurtre, explique que son père l'a insulté sur une passerelle, qu'ils se sont battus et qu'il l'a étranglé. Il a caché le corps et est revenu, plus tard, la nuit, pour l'enterrer. Il a pris le soin de lui curer les ongles avec une brosse à dents et de nettoyer son corps avec des lingettes, afin d'effacer toutes empreintes génétiques.

Lundi, le jeune homme a confirmé les faits devant la cour.