Il y a plus de quatre ans maintenant, la zone de police de Charleroi a connu l’horreur : le 6 août 2016, Khaled Babouri, 33 ans, a violemment tenté de tuer Corinne et Hakima lors d’un acte terroriste. Le terroriste s’est approché à pied de l’hôtel de police, accueilli par Hakima à l’entrée. Un échange verbal a lieu entre la policière et le terroriste, qu’elle ne soupçonne pas être animé d’une intention de tuer. Khaled dégaine grand couteau de plus de 40 centimètres de long de son sac noir et assène un coup au visage. Corinne, elle, reçoit un coup de couteau au niveau de la tête. Malgré un visage coupé en deux, Hakima a le courage et la lucidité de s’emparer de son arme et tirer dans les jambes du terroriste qui s’écroule. Ce dernier fait mine de vouloir se relever et de se saisir d’une arme, mais une troisième collègue intervient en donnant une injonction à Khaled avant de tirer à deux reprises, dans le ventre et le thorax du terroriste, qui décèdera à l’hôpital.

Rezki A. était suspecté d’avoir aidé Khaled Babouri dans son projet terroriste, le tribunal a estimé qu’il n’en était rien. Aucun élément ne démontre une quelconque contribution de sa part dans l’attentat commis par l’un de ses voisins. Les larmes aux yeux, Rezki A. s’est jeté dans les bras de son épouse, présente à ses côtés depuis le début de ses ennuis judiciaires, à l’issue de la lecture du prononcé par la 6e chambre du tribunal correctionnel de Charleroi. Il avait été placé en détention puis inculpé quelques mois après l'attaque.

Pourtant, de nombreux éléments à charge de Rezki A. ont été soulevés par la partie civile et le parquet fédéral. Mais de l’aveu même du ministère public, il existait également des éléments à la décharge du prévenu : si aucune vidéo ne confirmait la présence de Rezki A. sur les lieux au moment des faits, son GSM a borné au même moment à proximité de la zone de police. Il y a également ce couteau - utilisé par le terroriste - qui appartenait à Rezki A., pour égorger des moutons lors de la fête de l’Aïd. Ce lundi, le tribunal a balayé d’un revers de la main ces différents éléments. « Il ne peut être exclu que l’arme se trouvait auprès du terroriste depuis plusieurs années. L’enquête n’a pas permis de déterminer si le terroriste a été pris en charge par qui que ce soit pour se rendre sur les lieux de l’attaque. » D’après le tribunal, Khaled Babouri a pu se rendre au commissariat de police aussi bien en bus qu’à pied.

"Un soulagement pour mon client"

À l’issue du prononcé, Me Nabil Khoulalene a échangé quelques mots avec son client et ses proches (voir photo) avant de communiquer sa satisfaction avec la presse. « C’est évidemment un soulagement pour mon client. Ce genre de dossier était pesant vu le contexte terroriste autour des faits. Il a été inculpé et placé en détention préventive pour ces faits. Il ne faut pas oublier que le parquet fédéral avait requis 15 ans de prison. Mais aujourd’hui, rien ne l’implique dans ces faits. »

Le ministère public a 30 jours pour faire appel de la décision. Passé ce délai, ce sera définitivement la fin des ennuis judiciaires pour Rezki A. et ses proches.