Aucun bus ni métro ne circule sur les lignes du TEC Charleroi, ce vendredi 13 novembre. Le TEC signale sur ses réseaux sociaux qu'il s'agit d'un "mouvement spontané" des travailleurs, sans plus de précisions, et se dit désolé des désagréments.

C'est la CGSLB (libéral) qui a fermé les dépôts, ils ont mis des bus en travers pour ne pas que ça sorte. "Et ce, juste à Charleroi, on ne comprend pas pourquoi ils se sont désolidarisé du front commun (avec socialistes et chrétiens, NdlR)", nous informe un permanent FGTB.

Contactée pour des explications, la permanente du syndicat libéral rapporte: "La situation est la suivante : vous devez savoir que certains cars privés ont été mis en service par le TEC afin de renflouer certaines lignes, parce que les passants attendaient trop longtemps - à cause des mesures sanitaires. Mais leurs horaires ont été affichés, prématurément, et leurs trajets sont exactement les mêmes que ceux du TEC basique. Sur base de cela, les délégués et travailleurs ont estimé que ce n'était pas normal et ont débrayé." Jean Verrachi, le délégué TEC pour la CGSLB, renchérit : "c'est vraiment l'affichage de ces lignes assurées par des cars privés qui a mis le feu aux poudres. Le front commun syndical était en pleine procédure, mais cet affichage, qui plus est un dédoublement des lignes, a mis le feu aux poudres. On le prend comme une rupture du dialogue social."

Pour lutter contre la pandémie de coronavirus, le Comité de concertation avait annoncé que la capacité des transports en commun en Belgique serait renforcée. Côté wallon, il s'agit de mettre en service de bus de compagnies privées sur les principales lignes TEC aux heures de pointe, avait expliqué Elio Di Rupo, ministre-président wallon, dans la foulée.

Mais derrière ce mouvement sauvage des affiliés du syndicat bleu, c'est évidemment le spectre de la privatisation qui fait peur aux travailleurs, nous confirme-t-on. "Cette épée de Damoclès ne permet pas d'avoir l'esprit tranquille." Le syndicat pointe également des dysfonctionnements dans la gestion de la flotte et du personnel, sous-optimal d'après eux : "pourquoi faire appel à du privé alors qu'il y a 10 chauffeurs qui ont été renvoyés chez eux mardi parce qu'on n'avait pas de bus à leur donner, alors qu'à Jumet, il y a 10 bus flambant neufs qui n'ont jamais été mis en service ? On a ce qu'il faut au TEC pour assurer le service, il ne faut pas se voiler la face."

Le mouvement de blocage des dépôts pourrait durer. Combien de temps ? "Aucune idée pour le moment, il faut qu'on se concerte entre délégués bleus, et peut-être avec les autres syndicats", nous indique encore Jean Verrachi. "Mais aujourd'hui, il ne faut pas rêver, ça ne va pas reprendre."