Charleroi Vincenzo et Caroline, une histoire d’amour qui finit mal.

L’ambiance est électrique dans la salle d’audience ce vendredi matin. Vincenzo, à la barre, ne tient pas en place. La présidente, Caroline Jamar, l’interroge sur les préventions de harcèlement envers son ancienne compagne entre 2014 et 2017. En face d’elle, le prévenu est prêt à partir au quart de tour. Il ne comprend pas ce qu’on lui reproche. Selon lui, s’il appelle régulièrement, c’est pour discuter de la garde de leur fille.

En répondant aux questions, Vincenzo se tourne régulièrement vers son ex-conjointe. La tension est palpable et la présidente demande discrètement à la sécurité du palais de justice de rester dans la salle ; on ne sait jamais. Il faut dire que la dernière fois que ces deux-là se sont retrouvés dans le bâtiment, ils en sont presque venus aux mains. Me David Gelay, qui défend Vincenzo, finit même par se glisser à ses côtés pour faire barrage.

L’instruction d’audience se termine finalement après de nombreux rappels à l’ordre.

Mais les avocats de nos protagonistes ne sont pas en reste. Ils défendent leurs clients avec la même véhémence qui habitent ces derniers. Pour Me Francine Vandenbrande, le prévenu "est dans le déni de A à Z", ce qui lui fait redouter le pire. Pour elle, Vincenzo utilise sa fille comme prétexte pour harceler son ex-compagne. Un avis partagé par le parquet qui assure qu’il "faudrait un QI de poisson rouge pour ne pas se rendre du compte du préjudice moral qui découle d’un tel harcèlement".

Parmi les parties civiles se trouve l’institutrice de la fille de Vincenzo. Elle accuse l’homme de lui avoir porté des coups alors qu’elle essayait de s’interposer entre lui et son ex-compagne. Ce à quoi il répond: "Je ne l’ai jamais frappée, elle me confond peut-être avec un jumeau dont j’ignorais l’existence." Une réponse qui ne manque pas d’énerver le substitut qui mesure par là le peu d’amendement dont Vincenzo fait preuve encore une fois.

Me Gelay a rappelé que son client avait son franc-parler mais qu’il ne fallait y voir là aucune malice. Il demande l’acquittement pour son client qui cherche actuellement un travail et pour qui un casier judiciaire serait synonyme de déclassement social.

Jugement le 15 mars.