Lors d’une rencontre avec le bourgmestre sortant, Paul Magnette (PS), nous en avons profité pour lui poser toutes les questions qui nous intéressaient en prévision du scrutin communal.


Y a-t-il des accords préélectoraux avec le MR à Charleroi ?

"Non, aucun."

Mais vous êtes prêt à rempiler avec le MR ?

"Tout dépend de nos résultats, si on a une majorité absolue, ça change tout parce qu’on n’a pas besoin des autres. En 2012, on a pu les choisir. Si on n’a pas la majorité absolue, il faudra tout négocier."

D’autres partis en tête ?

"On est ouvert à toutes les discussions, à partir de 4 ou 5 sièges. On n’est pas parti avec Écolo en 2012 parce qu’ils n’en avaient que trois, pourtant on partage pas mal de thèmes."

Magnette : bourgmestre à temps plein, député, ministre ? Vous aviez fait un score historique en 2012, et vous êtes allé à la Région "au service du parti" malgré tout. La situation est la même aujourd’hui ?

"Je ne veux pas être ministre ou député. Aujourd’hui, le PS peut se passer de moi pour être ministre. Ce n’est pas un job facile, et il y a une époque où on n’avait pas sept, huit ou dix personnes avec le bon profil. Et je pouvais jouer un rôle à l’échelle wallonne, aider Charleroi. On est quasiment allé chercher un milliard d’euros pour la ville : je le regrette, mais c’est encore comme ça aujourd’hui, avoir les bons relais permet de décrocher de l’argent. Aujourd’hui, depuis que le PS n’est plus en majorité à la Région wallonne, les robinets sont fermés."

Charleroi va mieux, ça se voit, mais les recettes des impôts n’augmentent pas, c’est donc qu’on n’attire pas ?

"On ne va pas attirer un public non carolo à Charleroi. Mais on peut empêcher les gens de partir : il y a eu un vrai exode ces vingt dernières années vers les communes cossues. Aujourd’hui, les prix à Charleroi sont bas, en couplant ça avec un marché locatif de qualité, des espaces verts et des écoles, alors on pourra garder les gens ici. Mais c’est un processus très long."

On peut être socialiste et miser sur le libéralisme pour la croissance économique ?

"Je le pense : on a aussi besoin des entreprises privées, et pas que les grosses machines mais aussi les petits indépendants. Il ne faut pas taper sur le privé, mais il faut aussi garder un service public, bien sûr."

Les deux regrets de la mandature

Quand on lui a demandé de faire un mea culpa, le bourgmestre a commencé par regretter une décision qui n’est pas de son ressort : "Un des plus grands regrets de cette mandature, c’est que Charleroi n’ait pas pu obtenir son dû de la Communauté française (sic) : les subsides culturels ne suivent pas, malgré les grands discours que je suis allé faire auprès des ministres pour soutenir les dossiers", dit Paul Magnette. 

Mais il a aussi joué le jeu : "Il y a eu un couac sur le règlement mendicité. Qu’on soit clair, je le pense toujours nécessaire, mais on n’a pas assez consulté en amont. On aurait pu éviter la bronca (concert de huées, NdlR) qu’on a eue : aujourd’hui, on a relancé la consultation, et ça marche. Mais il aurait fallu le faire avant."