Depuis un an, la pandémie liée à la Covid occupe le devant de la scène pourtant les autres infections sont toujours là. Que ce soient les hépatites, le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles, il ne faut pas perdre de vue qu'elles sont toujours présentes.

Si cela fait maintenant un an que les activités d'IST Sida sont perturbées, l'association de sensibilisation n'en reste pas moins active. "Il ne faut pas croire que la Covid a tout arrêté. Les gens continuent à avoir des relations sexuelles. Les travailleurs du sexe continuent également de travailler. Les prises de risques sont toujours là avec une plus grandes difficultés pour accéder au dépistage" avertit Rudi Gooris d'IST Sida.

En cas de doutes ou de questions l'animateur précise que même s'ils ne sont plus sur le terrain, l'équipe reste disponible pour des dépistages rapides.

L'année 2020 a profondément changé la manière de fonctionner. "On a beaucoup plus travailler en mobile avec le minibus et avec les éducateurs de rue pour aller le plus près possible du public qui éprouve des difficultés à se déplacer comme les sans abri. Même si cela fait partie de nos démarches habituelles nous avons renforcé le dispositif."

Perdre de vue les autres infections peut avoir de lourdes conséquences si un traitement n'est pas donné. "Avec des infections non soignées, les gens risquent d'être plus facilement malades de même qu'un risque d'augmentation des infections."

Parmi les infections qui peuvent être prises en charge il y a l'hépatite C. Dépistée à temps, elle peut être prise en charge assez rapidement. A ce titre, IST Sida en collaboration avec Le comptoir, Diapason, le C.H.U., le Relais Santé et la firme pharmaceutique ABBVIE mènent une grande action de dépistage de l'hépatite C. "Pour certains, c'est difficile d'aller à l'hôpital. Les gens se sont dit qu'on n'allait pas les prendre dans les services de traitements des infections fortement mobilisés par la Covid. Nous avons dû nous réinventer aussi. Les hépatites C faisant partie des infections sexuellement transmissibles nous avons réussi à avoir un système d’échographie mobile et amener les gens à la polyclinique du Mambourg pour passer un test."

Concrètement, une personne prend rendez-vous et passe un test rapide. Le but est de déterminer s'il s'agit d'une infection active ou pas. Quand arrive la certitude qu'il s'agit d'une infection aiguë, l'état du foie est vérifié et les personnes sont mises sous traitement immédiatement. Un traitement contre l'hépatite C coûte 40.000 euros mais est entièrement pris en charge. L'infection est transmise par le sang, sexuellement et aussi lors d'échanges de seringues par exemple

Ces opérations sont amenées à se renouveler tous les deux mois. Cela est possible également grâce à la collaboration des docteurs Soub Defeu, Juriens et Kremers et de l'ensemble du personnel médical.